Le musicien

Comme si le fait de porter cela je deviens leur brother. Il a deux semaines j'ai eu droit au même genre de traitement. Je sortais de mon char quand une black qui vit dans mon building depuis peu attendit pour me tenir la porte. Je la remercie. En plus de me tenir la porte, elle me demanda, '' Ça va ? ''. Surpris de ce bonus de mots je répondis froidement mon traditionnel '' Pas pire ''. End of story. Elle entra dans son appart avec son chum et moi je gravis mes 3 étages….Djembé à la main.

Il y en a des cutes dans ce bloc appartement. À commencer par la voisine d'en face '' The girl next door ''. Ho! my good! Il y a aussi la black du premier que je croise tout le temps depuis un an, mais à qui je n'ai jamais dit un mot. En fait la seule fois que je lui dis quelque chose c'est à cause de l'autre black, celle qui m'a ouvert la porte. Une histoire de clé de salle à lavage…..Whatever!

Arrivé dans mon appart, je m'interrogeais encore, sur la justification du '' ça va '' de la fille. Soudain je compris la patente…le Djembé. Ça devait être l'équivalent d'un '' Hé brother '' lié au chapeau.

J'avais un Djembé dans les mains, car je n'avais pas pris la peine de revenir chez moi entre les tam-tams du Mont-royal et ma game de frisbee à Concordia. C'était la première fois que j'allais là-bas cette année, la première fois que j'y allais avec mon nouveau Djembé et la deuxième fois depuis que j'ai suivi des cours. Physiquement j'étais passé d'un mini tamtam à un méga sauf que mentalement je jouais encore sur un mini. Ce qui a eu comme conséquence que je n'avais pas amenée l'attelle afin de pouvoir jouer debout.

Arriver là-bas, c'était plein de monde et il n'y avait pas de places assises. Ça n'allait donc pas trop bien pour jouer, car j'étais assis trop bas par rapport à la hauteur de mon instrument. Un petit 45 minute de tapochage et je quitta pour ma en game en disant… '' la semaine prochaine n'oublie pas ta ceinture le cave ''.

La semaine prochaine arriva…Dam! Fais pas assez beau. '' La semaine prochaine n'oublie pas ton attelle le cave ''

La semaine prochaine arriva….Je me lève, check dehors, Y fais beau. Parfait je vais y aller tôt cette fois-ci afin de glander là-bas et prendre ça relaxe. Avant d'y aller, je commence à m'obstiner avec moi-même pour savoir si je dois faire le ménage….Le '' pas de ménage '' gagne. Je commence à m'obstiner avec moi-même pour savoir si je sors déjeuner ou si je mange le gâteau surgelé acheté il y a 2 semaines et que j'avais oublié…le gâteau gagne. Je commence à m'obstiner avec moi-même pour savoir si je mets mes pneus d'été….Le statut quo gagne. Je commence à m'obstiner avec moi-même pour savoir si je regarde un des films loués la veille….Le '' pas de film '' gagne. À force de m'obstiner le temps passe…si je veux jouer du djembé faut que je parte maintenant. Je commence à m'obstiner avec moi-même pour savoir si je vais au tamtam ou si je continue de niaiser '' che nous '' en attendant ma game de frisbee. Ha ok j'y vais. Je ramasse mes petits ET mon attelle. '' C'est vrai, je ne l'ai jamais mis encore. Faisons un essai pour ne pas avoir l'air d'un cave en la portant à l'envers là-bas. ''

Je viraille l'affaire un peu et finalement je trouve comment cela se porte. J'attache mon djembé et je vais me regarder dans le miroir. Beau bonhomme. Je frappe un coup, une basse. Ça résonne à souhait. Oh yeah! Là je suis motivé. Sortez-moi d'ici que je jam….Jammé! L'expression préférée des anciens membres du groupe Ripped child…mes chums.

J'arrive là-bas. Tabarnac, le monument est encore en réparation. Pas graves, les joueurs se sont installés à côté. La plus part des joueurs sont regroupés ensemble et il y a plein de badauds qui forment un cercle. Au centre du cercle, ça danse. Je me trouve un espace à l'opposé des joueurs. Ça fait mon affaire. Je suis poche, aussi bien être low profile.

J'écoute. Je cherche à embarquer dans le beat. C'est dur, il y a du rythme tous bords tous côtés. Ho! Je détecte, le point commun. La basse. Comme quand tu embarques sur une bretelle d'autoroute, je commence lentement et j'essaie de me '' merger '' à eux. Basse, Basse, Basse, Basse. Basse Slap, Slap. Basse Slap, Slap. OK j'ai l'ai. Keep it simple. Je me '' brace '' bien comme il faut au sol et go! Basse Slap, Slap – Basse Slap, Slap – Basse Slap, Slap. Je suis encore un peu poigné, mais ça va bien. Je fais des erreurs et je me mélange parfois, mais c'est la réalité du débutant et de toute façon ça ne s'entend pas.

Je joue, je regarde les danseurs, je regarde ceux qui jouent de l'autre côté du cercle assis dans les estrades. Ils ont tous de petit Djembé alors que moi j'ai ma grosse Bertha. Trois joueurs de saxophone s'installent à côté de moi. Décrissé tabarnac vous me mélanger. C'est de la percussion ici OK !…de la per-cus-sion.

Un gars s'installe à côté de moi avec un tambour. Excellent. Je l'entends bien et je peux suivre son beat. Ça tapoche à souhait. Les maudits saxophonistes ont décrissé ! Je commence à être plus à l'aise. Il y en a qui sont sérieux. Ils amènent leur set de drum au complet. Une dame dans la quarantaine s'y installe. Je regarde les danseurs. Ça danse nu-pied dans la terre et il y a '' HO MON DIEU '' des seins gigantesques qui peinent à rester dans la camisole de la fille…Fuck ! je viens de perdre mon beat.

Je vois une ouverture et instinctivement je fonce dedans et je me retrouve dans le groupe des joueurs de tamtam, en face de l'estrade. Bon le réchauffement est fini. J'ajoute de la moutarde. Je passe d'un Basse Tone-Tone, Basse Tone-Tone à un magnifique Basse tone-tone, Basse tone-tone Slap-slap, Basse tone-tone, Basse tone-tone Slap-slap. Ça va bien, ça rentre. Moins de têtes plus de feeling. Je regarde une fille dans les estrades. Le beat monte en elle et elle commence à se brasser le chest comme dans le film sur Jerry Lee Lewis quand il joue '' Whole Lotta Shakin ''.

J'étais à regarder ce magnifique spectacle quand un indien saoul mort vient me cacher la vue. Il se promenait les bras dans les airs et avait l'air de jouer au monstre tout seul. Je continue à jouer en poivrant un peu mes beats de base. Je suis sérieux, ça va vite et je ne veux pas perdre le rythme. Je remarque une fille qui me regarde. Elle sourit. Me sourit-elle vraiment ? . Je me retourne pour voir si ce n'est pas à un autre qu'elle fait cela. Je réalise alors que je suis pas mal sur le spot. Dans le milieu de la gang. Comme si j'étais un pro qui connaît ça. Pas grave retournons à la souriante. Devrais-je lui retourner un sourire . Mais non ! Elle ne sourit pas à moi c'est sûr. Un gars arrive sur ma gauche. Il regarde ce que je joue et essaie de faire pareil. Woo les moteurs. Je suis pourri moi là. Ne joue pas ce que je joue, je suis mauvais. Il persiste. Arrête ! Que je me dis dans ma tête. Je ne suis même pas capable de faire un beat pendant plus de 2 minutes sans me tromper. Il continue. C'est trop. Je feins d'avoir mal aux mains et j'arrête. Il va me lâcher j'espère. Yes, ça marche ! Je pars un autre beat. La dame qui jouait du drum est maintenant devant nous avec un tamtam. Elle nous dit '' Ok les gars on fait ça comme ça. C'est facile ''. Facile, facile, parle pour toi. Déjà que je suis déstabilisé qu'on me considère dans la gang. Un gars fais le tour de notre groupe et nous serre la main…euh OK ! La souriante souris encore dans ma direction…coudon c'est-tu pour moi ou quoi ? Faut tu que j'y en fasse un ? De la marde, je ne veux pas risquer d'avoir l'air cave. Je regarde l'heure. 6h15, je dois quitter. Je sors du centre et retombe dans l'anonymat le plus complet. Je détache mon tamtam et me dirige vers ma Matrix 2005 rouge air conditionné encore sous la garantie contactez Eltobito_charette@hotmail.com si elle vous intéresse.

J'arrive à l'auto. Un gars m'interpelle '' Hé brother ! You are tired of playing ?''.

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