Le juge, le leader et le catalyseur

Le juge

8h le matin, fa frette, il pleut. Le vélo ? De la marde je vais à la job en métro.
Assis dans le bus une femme attire mon attention. Elle lit un livre. Le titre : L'orgie, la neige.
Quoi ! elle lit un livre érotique dans le bus. OK, faut pas trop ce fier au titre, mais l'image de la couverture montre une femme couché sur un lit et on voit pas mal de peau. Si je voyais une femme avec autant de peau sur mon lit je commencerais à pensé que j'ai de chance de scoré, de jouer hors position, de faire la trappe, de lui faire une passe, de faire une montée à l'emporte-pièce, de jouer avec le bâton élève, de me retrouver dans le cercle du gardien, de…

Déjà que je la trouve plutôt effronté de lire un livre potentiellement érotique, je remarque en plus qu'elle mâche sa gomme comme si elle avait 4 Hubba Bubba dans la bouche. Elle te rumine ça mon homme à grand coup de mâchoire. Elle a l'air fière de sa gomme. Je baisse les yeux…ha ben criss elle a des bottes de pine fleuries ! Voyons donc ! Si tu te penses cool en mettant ça t'aurais dû au moins choisir les vraies bottes de pine. Les noires avec des contours rouge vin.

Madame a vu un petit peu de pluie, mais au lieu de faire comme tout bon montréalais et prendre un parapluie de moumoune, elle a décidé de sortir ses bottes fleuries…oh excusé la Montréalaise on appelle pas ça des bottes de pine ici…ça s'appelle des bottes d'eau. Doigt en l'air ! Wanna be. En veux-tu d'autres mots de mon dialecte d'abitibien que tu ne comprends pas ! un westcott, jouer à la pitoune, mettre un gilet, avoir une flotte, casté, trollé, vico, culotte, cobossa,…traduction…une clé à molette, jouer au hockey bottine, mettre une chandail, avoir un gilet de sauvetage, pêché au lancé, pêché à la traìne, lait au chocolat, pantalon et…euh cobossa

Le leader

Depuis que je travaille dans des bureaux, j'ai créé un phénomène autour de moi. J'attire les foules, on me suit comme on suit un gourou. Ce n'est pas de ma faute, je ne fais rien pour cela, mais à chaque fois que je trouve une nouvelle job le phénomène se produit un jour ou l'autre. J'ai pris conscience de ce charisme il y a 7 ans quand je travaillais pour ce qui est maintenant mon ennemi. Grand bouleversement le bureau est splitté en deux. La moitié de me collègue sont transféré au VRAI centre-ville. C'était la première journée que je travaillais depuis la séparation. Concentré, j'en oublie l'heure et quand soudain je réalise qu'il est midi 30. Quoi comment ça, j'ai passer droit ? Je sais ! Mes chums, le core et le core élargir est déménagé et donc on ira plus mangé ensemble. C'est là que je réalisé qu'a, chaque midi tous me demandaient, où on allait mangé. Tanné de me casser la tête pour trouver un endroit, j'avais fait un script qui choisissait un resto aléatoirement. Dès 11h30, mon ICQ s'emballait. Les Codère, Fugère, Guy, Lefebvre, Renaud me demandaient
– Y dit quoi M L'ordinateur ?
– Euh Francesca
– Good le jeudi la fille est cute
On l'appelait M.Lordinateur, car quand le script rendait sa décision le message disait '' Vous devez respecter le message de Mr.Lordinateur ''. Mon Mr L'ordinateur devint tellement populaire que j'ai du faire en plus de la version plateau une version Mcgill-centre-ville et une version Laval pour la gang du groupe AGIRH.

Change de job. Mon rôle était moins rassembleur, car nous étions 4 dans notre war room. Souvent on déjeunait, dînait, soupait et dormait là ! Mais quand même, les restos du coin me connaissaient…J'arrivais au Fameux et le monsieur qui travaille là 24h sur 24 me disait immédiatement '' Club sandwich, no tomato, fromage-à-place ! '' Oui monsieur ! St-Hubert '' Choix du chef gros pepsi pas salade plus de frite à la place '' Exact la grande. Francesca '' Pathé du jour avec patate '' rigth on. Binerie Mont-royal. '' Tourtière avec pouding chômeur ''. Partout où j'allais, les gens savaient ce que je prenais.

Change de job. Il y avait les anciens et nous les 4-5 nouveaux. En moins en moins de 3 semaines je leadais le groupe au Megabyte, au Restaurant (c'est ca le nom), ou les fusionnait a mon autre gang du bureau d'enfance et allions à la food court. Dès '' et 45 '' on me demandait, ou nous allions.

Change de job. Je reste low profile plus longtemps qu'a l'habitude et le fait que j'aille mangé à chaque midi avec mon ancienne gang freine l'émergence du phénomène. Mais, ce qui devait arriver arriva. Maintenant on m'attend le matin pour aller à la cafétéria. Je ne peux même pas dire non, car ils vont insister jusqu'à ce que je casse. Je suis tiraillé sur l'heure du midi entre mes collègues, mes anciens collègues et la gang d'ultimate du centre ville. En plus, j'ai pris le lead pour convoquer les gens au dîner du programmeur les vendredis. It's my curse on dirait. Et là ce midi encore le DBA vient me voir. On va où ? Y'a pas d'autre place vers l'ouest ? Bon pourquoi c est encore moi qui tranche. Va-tu falloir que je fasse un Mr.L 'ordinateur version Vieux-Mtl ?

Le catalyseur

9h, 11h, 13h, 18h, 21h. Voilà, je fais ressortir les 2 clans. Les gens sortent de leur cachette. Chacun se campe dans ses positions. Certains ont trouvé inacceptable que je sorte en public avec des bas dans mes sandales et les autres regrettent l'époque où les bas blancs étaient rois. En plus, j'ai trouvé une des 3-4 Véro que je connais qui a avoué qu'elle était pro bas dans les sandales ! Je tairais son nom de famille pour ne pas qu'elle devienne une paria face à ses collègues féminines…Vive les bas blancs. Portez des bas en toute occasion. Soyez pro-choix.
De mon bord, mon stock de bas noir baisse à vue d'oeil. Le matin, j'ai de plus en plus de la difficulté à trouver des bas noirs sans trou. Tant qu'il'y a pas plus d'un orteil qui passe dans le trou je le mets.

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