Juste de la route. Texte 4 de 4.

Sans trop de préparation, à part que de savoir que je dois prendre la 90 puis la 94, je quitte la ville vers 20 h . Je passerais ma 3e nuit dans mon char à quelques parts au Michigan. Mon feeling me dit que pour retrouver la 90 je dois prendre le Lakeshore drive.

Tout est sous contrôle… sauf qu'il y a du trafic en criss et plein de construction. C'est à l'opposé de mon arrivée dans la ville. En plus, en raison des travaux, je dois me promener d'une voie à l'autre. Gauche, droite, gauche, gauche, droite, fausse alerte de droite coupe à gauche….Tuitttttt! La ferme ! Pas de ma faute si les indications sont toute croche…attends..left c'est gauche? Ok my fault!

Les indications mettent pas mal l'emphase sur l'Indiana alors que moi je me dirige vers Détroit. Tellement que je commence à douter si je suis dans le bon sens. Je suis supposé voir un 94/Détroit pas 94/Indiana même si en fait je suis supposé faire un petit bout dans cet état. Non…je me suis dit 94…94 tu suivras. Je remarque une affiche au loin sur une route transversale. Elle ne m'est pas destinée. J'y lis 94/Détroit… et voilà ma confirmation !

Un peu d'Indina puis j'entre dans le Michigan. Je commence à regarder pour un rest area. Je fais un arrêt café puis reprend ma recherche de rest area. J'aimerais un Flying J mais je pense que j aurais du prendre celui croisé il y a 1h. Voilà un rest area. Pas de voitures justes des trucks. Le ciel est découvert et je me dis  » m'a me coucher sur une table puis essayé des voir des étoiles filantes.  » C'est la période des perséides. Je sors de l'auto. Il y a un bois devant moi et j'entends plein de cris. Ce n'est pas des cris de que je connais. Le bruit est fort. Fuck les perséides ! Je ne me coucherais pas sur une table entourée de bibittes qui font des sons que je n'ai jamais entendus.

Comme je suis le seul char du rest area parmis 40 trucks, je décide de poursuivre ma route. Si je croise un Flying J je le prends sinon je vais aller au prochain rest area. Pas de Flying J. J'arrête au rest area. Je sors du char….Même bruit de bibite. Whatever, je dors dans le char de toute façon.

Fidèle à mon habitude de gars qui dort dans son char, je me réveille à 8h. Je remballe mon stock et direction Détroit. Détroit est juste sur le bord du Canada. Je consulte la carte pour savoir comment me rendre aux douanes. La 12. Je dois prendre la 12 qui me mènera au tunnel qui mène à Windsor. Je dois me rendre downtown pour prendre le tunnel ! Soudainement je vois une affiche. Il y a 2 chemins vers le Canada. Par le tunnel ou par un pont ! Je ne la savais pas celle-là ! Je dois décider. Tunnel, euh non pont. Tunnel, pont….ok pont! Je sors. Ha! j'ai encore une chance de me réviser. OK tunnel….Non on dirait que le pont est juste là. Go pour le pont. Je coupe sur une ligne pleine et 1 minute plus tard j'arrive au pont. J'arrête à la boutique hors taxe.

Je prends une photo du pont.

– Sir!
– Sir! You can't take pictures of the bridge

Gang de craqué qui voient des terroristes partout. J'entre dans la boutique hors taxe. C'est n'importe quoi ces boutiques-là. Je ne comprends pas le but de ça. Parfum, alcool et cigarette ! C'est juste ça.

Je traverse le pont….Comme je me suis fait dire de ne pas photographier le pont, j'ai décidé d'essayer de le photographier en étant dessus…en roulant. Ça n'a pas marché. J'arrive aux douanes. Je m'installe dans une rangée et attends mon tour. Rapidement c'est à moi. Le douanier est environ 10 pieds au dessus de moi ! Amateur ! Je suis dans la section réservée aux camions. Trop bas, je suis incapable de présenter mon passeport au douanier. Je dois sortir du char pour lui donner. Le gars me pose 2-3 questions. Il y a tellement de bruit de camion que j'ai peine à le comprendre.  » Désolé d'avoir été dans la mauvaise ligne monsieur « . Me voilà au Canada.

Il est tôt, je m'attaque à Toronto ! J'emprunte la 401. En approchant Toronto, ma mémoire m'interpelle ! Comme je me dirige au centre-ville je suis mieux de faire comme si j'allais à Hamilton et d'emprunter la 403. Je vais arriver à Toronto par le sud. Et voilà tout ce fait comme une lettre à la poste J'arrive exactement à l'auberge que je voulais..sans carte. Toronto n'a plus de secrets pour moi.

Espérons qu'il y ait de la place dans l'auberge…Oui. Je m'installe et cours dans la douche ! Je connaissais cette auberge, car il y a un bar dedans et nous y étions allés lors du Championnat du monde de Roche/Papier/Ciseaux 2006. En soirée, je chat un peu avec Sandy puis je vais au bar. Tout le monde est sur la terrasse. Juste des voyageurs ou des wannabe voyageurs. Je reconnais l'accent allemand et australien et j'entends du québécois. Les gens boivent une bière en canette dont je ne connais pas le nom. J'en prends une. Waiter ! Je veux ça !

Debout seul, j'aurais dû me sentir  » one of the gang « . Non. Quelque chose de weird se passe. Je remarque que tout le monde flirte avec tout le monde et j'ai comme l'impression de ne pas être à ma place. Comme si je venais de réaliser qu'au-delà de la découverte, l'exploration et la rencontre des cultures, les backpackers sont là aussi pas mal pour le flirtage. Ça vient soudainement de me frapper….Pourquoi là, à ce moment précis ? La dernière fois que j'ai été à ce bar je me sentais dans mon élément comme ça ne se peut pas. Mais là, tous les clichés de backpackers me rentraient dedans.

2 filles de Montréal m'interpellent. Elles ont remarqué mon t-shirt des cowboys fringants. Ça attire du québécois ce t-shirt et intrigue les gens des autres pays. Visiblement je suis en présence de jeune à peine âgée de 18 ans.

– Hé yes les cowboys !
– Yeah
– Regardez la gang les cowboys !
– Yahoo
– Pis les 3 accords eux ? Yes cool !
– Bof
– Eille on est a Toronto, y sont niaseux ici han !
– Je trouve pas, T'as qu'elle age ?
– 19 ans, toi ?
– Je suis un bonhomme de 30 ans comme tu disais tantôt.
– Oui mais toi c'est pas pareil. Les bonshommes de tantôt nous cruisaient pis voulaient nous amener a quelque part. Toi t'as un gilet des cowboys t'es cool
– Youppi

Elle me quitte et moi je vais me chercher une autre bière bizarre. Bizarre pour moi, mais sûrement pas pour mon chum Cusson. Mon impression de gars qui n'était pas à sa place a disparu. Je jase avec un allemand qui dit qu'il a vraiment tripé à Montréal. Je ne sais pas si un jour je vais rencontrer un touriste étranger qui me dira que Montréal est plate. Ça semble impossible ! Je ne sais pas le pourcentage d'alcool de la bière, mais j'en ait pris juste 3 et je commençais à être  » guerlot « . Assez  » guerlot « . pour allez écrire un mail a Sandy alors que je venais de passer 2h sur GTalk avec elle.

Le lendemain je me lève d'une traite, ramasse mes petits et décalisse. Pas de niaisage avec la puck. Il ne me reste que 5h de route. 5h qui semble interminable. Pour la première fois depuis mon départ la route que je prends n'est pas inconnue. On dirait que ça a de l'effet. J'arrête tout le temps, je niaise dans les rest area, j'envoie des mail avec mon cell. Je bois du café. J'ai bu plus de café dans ce voyage que durant l'année au complet. Tellement que je commence à reconnaître un bon café d'un mauvais. Celui du Tim est le meilleur que j'ai bu en route.

J'arrive au Qc. L'idée de rentrer chez moi ne m'amuse pas. Ça ne me tente vraiment pas de me retrouver dans mon appart à payer des bills et regarder le plancher en me disant,  » Faut que je fasse du ménage ! « . Allons chez D/O discuté vidéo. J'arrive sur la Rive-Sud. Je suis sur la 30. Je vois une sortie vers la route 87 pour les USA. My good ! J'ai vraiment fait la boucle !

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