Le Marathon de Mtl, de l’Amérique centrale et du sud

Ce n'était pas vraiment un retard, car les programmeurs ont souvent des heures flexibles. Sauf qu'en arrivant à 9h40 je devais partir à 17h40 au lien de 17h. Maintenant que je suis là à 9h, dès 17h je peux fermer les livres….Cela n'arrive presque jamais !

À gruger des minutes supplémentaires ici et là, je commence à avoir une banque de temps bien garnie. Assez pour me pousser 5 semaines en Amérique centrale et/ ou en Amérique du sud en décembre .

Je ne suis plus en retard, car Sandy est là pour me réveiller et surtout je ne blogue plus jusqu'à 4h du matin comme avant. Mes 4h de sommeil supplémentaires m'empêchent d'arriver 30 minutes trop tard…OK ça ne balance pas, mais je ne peux pas tout comprendre dans la vie. Maintenant que je suis un lève-tôt, je me permets des choses inimaginables comme m'inscrire a des cours d'espagnol le samedi matin de 10h à 13h. Impossible que je passe droit maintenant. D'autant plus que je ne peux me le permettre, car je ne peux pas voyager là-bas avec de vagues souvenirs des 3 mots d'espagnol que je maîtrisais il y a 3 ans. Juste a planifier mon trajet me fait réaliser que j'étais un fou, d'avoir fait ce que j'ai fait il y a 3 ans…tant de route en si peu de temps, si peux de marge d'erreur possible et si peu d'espagnol. Je commence à envisager de revenir à mon ancienne méthode. Moins de planification et plus d'improvisation !

Là j'ai comme un problème qui s'appelle la Colombie. Je la traverse en bus ou je vole par-dessus pour poursuivre en Équateur ? Je me sauve 1 ou 2 mille KM et je loop en Amérique centrale seulement ? Je ne peux pas faire cela aux Andes. Elles vont me renier. Ça fait 3 ans qu'elles m'attendent. De plus, je veux aller en Équateur. Je veux m'aligner sur le parallèle zéro et me mettre à marcher comme si c'est moi qui donne le swing à la terre pour qu'elle tourne sur elle-même. Devenir un hamster humain. Ma démarche sera stylisée comme dans la vieille vidéo « Road to nowhere ».

Je vais me contenter de marcher par contre. Je ne suis pas un coureur à la M.Cusson qui s'est tapé la moitié du marathon en fin de semaine. Ça fait des années que je veux me lever et encourager les coureurs, mais « que voulez-vous ? », mon dimanche matin a longtemps servi a balancer les heures de sommeil que je perdais au cours de la semaine. Comme le fait de me lever à 9h un dimanche ne me fait plus peur, j'ai dit a Cusson « M'as aller crier pour toi lors de ton demi-marathon ». Comme le trajet était à un jet de « stess ball Mon cinéma » de chez moi, c'était assez simple.

Dimanche matin, Sandy me sacre un coup de coup à 8h45. 8h55 je suis debout, 8h59 je vais faire mon tannant avec les jeunes et à 9h je suis sur le bord de la rue près a pousser un « Let's go Cusson ». Cusson m'avait donné un horaire précis : « Je vais passer entre 9h10 et 9h12. Mais tsé s'il pleut laisse faire ». Avec autant de précision, je serais dehors 30 secondes. Ce n'est pas 2-3 gouttes qui vont me faire peur.

Craignant qu'il soit en feu et qu'il fasse la course de sa vie, je n'ai pas pris de chances et suis sorti à l'avance. La rue est déserte. Il pleut. Il n'y a pas un chat…Croyez-moi dans ce coin, s'il n'y a pas de chat c'est que c est vraiment désert. Le silence total. Il n'y a que moi, 3-4 bénévoles et 2-3 chars de police à l'autre bout.

J'observe l'est espérant voir des coureurs : rien ! 9h05, toujours rien. 9h10 non plus. Ils ont annulés ou quoi ? J'entends des sirènes provenant de l'ouest. Voilà ! Ils arrivent. Je traverse l'autre coté du boulevard, confirme avec une police en moto qu'ils arrivent de ce côté et me prépare….Me prépare a quoi ? Je réalise que je ne suis pas trop type encouragement. Je leur dis quoi aux coureurs ? « Let 's go on lâche pas », Hiii ! Ça, c'est de l'originalité ! Et à Cusson ? « Allez t'es capable » Oufff encore plus mauvais.

Suite aux coups de sirène des policiers, le silence est revenu. Les meneurs approchent. Les meneurs de quoi ? Marathon ? Demi-marathon ? 10km ? Ils sont tous mélangés. Pas important ! 2 coureurs s'amènent. C'est tellement silencieux que je n'ose pas lâcher mon « let 's go ». Je vais réveiller tout le monde. Je ferme ma gueule et sors mon kodak. Click !

Voilà 2 autres coureurs. Click ! Le silence étant toujours aussi présent, je continue de me la fermer. En voilà 2 autres. Un des 2 tape sur l'épaule de l'autre et lui dis « On va alterner celui qui est devant ». Bon ils ont brisé le silence. Je fais de même. « Let's go ! ». Criss que je dois avoir l'air niaiseux.

Le flot de personnes augmente et là je réalise que ça va être difficile de trouver Cusson. 10 secondes d'errance et paf je le manque. De plus, mon kodak prend 3hrs à embrayer pour prendre une photo. Un gros contrat m'attend. Repérer Cusson, garder mon kodak en éveil pour la photo et trouver de quoi d'intelligent à lui crier. C'est beaucoup pour un dimanche matin.

Maintenant que j'ai établi clairement que j ai l'air tata à crier des « Let's go » plus ou moins seul sur la rue, je persiste. « Aller vous êtes capable ! On lâche pas ». Ha ! Je peux applaudir aussi. Ça a l'air moins con comme ça ! Je pourrais même courir un coin de rue avec Cusson… woo ça va faire l'humiliation… des plans que je sois pas capable de le suivre malgré qu'il ait comme 10 km dans le corps !

Je cherche la calotte à Cusson et son kit noir. Commence a avoir du monde c'est difficile. Là ! Non le gars est en camisole et Cusson n'est pas type camisole…Là ! Bah non voyons il mesure 4pied et 2. Ha ben ! Ha ben ! Il est là en avant de moi. Vite ! Il me voit.
Kodak, ajustement de focus automatique, cri, « Oh oui Michel », click.

Je m'empresse de voir si la photo est réussie… Pas pire. Cusson est derrière moi. Il cri « Merci Eltobito ».

Je vois la masse de coureurs arriver au loin. Le silence est parti ! Ça crache, ça jase, ça ne regarde plus sa montre. J'entends des « Criss qu'il y du vent ». On est passé d'une majorité de gens qui font une course à une majorité de gens qui veulent seulement compléter la distance. Pas grave ils bougent ! Cusson lui c'est sur qu'il regarde sa montre. Je me demande s'il est dans ses temps? Je le saurais lundi…« Oh oui Michel ! » Pas si pire comme encouragement.

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