Woooo j’ai peur!

J’ai eu mon dernier cours d’espagnol avant mon départ. C’était jour d’examen. Comme je vais rater le dernier cours, mon prof m’a fait la faveur de le corriger immédiatement…78 %.
Je visais 80 et plus, mais je me suis planté royalement dans la section météo…Elle était plus payante que je ne le croyais au niveau des points. Je ne me rappelais plus comment parler de flocon, d’enneigement, de glace et de nuage. J’en ai quoi à foutre de cela. Là-bas ce sera soleil, chaleur, humidité. Sol, calore, humidad…voilà! De toute façon, même eux ne doivent pas savoir comment dire flocon.

Il va faire chaud. L’internet le dit et si l’internet le dit, je le crois. Guatemala 12-22, El Salvador 18-27, Nicaragua 21–30. Bye bye la neige, bonjour malaria ! C’est super d’avoir l’air organisé en sachant les écarts de température. La réalité c’est que je ne le suis pas vraiment. En fait oui je le suis, mais dans ma tête et seulement dans ma tête. Quand vient le temps de verbaliser, ça fait kaput. La seule chose où je montre un brin d’assurance c’est quand je dis cela « J’arrive au Guatemala et je DOIS être au Panama la dernière semaine ». J’ai comme 2 personnalités, une qui est à son affaire quand d’autres personnes sont impliquées. Une autre plutôt vague, pas trop certaine et un peu perdue quand c’est seulement moi qui suis touché.

Mon voleur de joke et les autres collègues de classes m’ont posé des questions sur mon voyage. Le Eltobito désorganisé sur les bords a fait une belle performance.

A quelle heure tu pars ? Heu le matin
Fais chaud là-bas ? Sais pas trop
Tu vas au Belize ? Pas sûr
Tu vas au Honduras ? Ça dépend, faudrait que je voie la carte
Coudon ya tu quelque chose que tu sais ? Oui ! J’arrive au Guatemala et je DOIS être au Panama la dernière semaine. Sandy arrive.

Maintenant je sais qu’il fait chaud, mon sac est fait a 95 % et ma check liste est faites a 80%75%.

Le gars qui m’a posé la question sur le Belize n’était pas un élève de notre classe. C’était une personne d’un autre groupe. La première fois qu’il m’a adressé la parole, c’est quand j’ai dit au voleur de joke « J’arrive au Guatemala et je DOIS être au Panama la dernière semaine ». Il m’a interpellé en me disant :

– Tu arrives au Guatemala le soir ?

Visiblement tu écoutes aux portes et par conséquent tu devrais comprendre que si je ne sais pas à quelle heure je pars je ne saurais pas plus si j’arrive le soir ou le jour. Bah oui en fait je le sais à peu près.

– heu le jour me semble
– Ouf Ok. au Guatemala personne ne sort le soir c’est trop dangereux. J’y suis allé. Mon beau-frère refusait de venir me chercher à l’aéroport si j’arrivais le soir.

Sont fatiguant avec leur dangereux. Dès que tu parles de voyage, les histoires d’horreur sortent. On me sert des « Je me suis fait voler », « le beau-frère de ma cousine s’est fait attaqué », etc…Je classerais ce gars dans la catégorie moumoune.

Moumoune comme le suisse rencontré à Kamloops quand je suis allé dans l’ouest en auto-stop. C’était mon premier voyage. On était à l’auberge jeunesse. J’écoutais la série Canadiens-Pittsburgh et lui étais assis sur l’autre divan a gosser sont couteau suisse. Un canadien qui écoute du hockey et un suisse avec un couteau suisse. Avoir mis cette scène dans un film le réalisateur se serait fait dire que c’est trop cliché.

Ce suisse s’était pas mal promené au Canada et aux USA. Je portais attention aux conseils qu’il me disait. J’avais l’intention de revenir au Qc par les USA. Il m’avait dit, « Ne fais pas cela c’est dangereux l’auto-stop aux USA ». Bon OK. Je vais reconsidérer la chose.
La discussion se poursuit. Il jase des différentes auberges jeunesse qu’il a visité au Canada. À un moment donné, il dit « L’auberge de Winnipeg est dans un coin dangereux ». Quoi ? Dangereux ? J’arrivais de là ! Y ’avais le dangereux facile le suisse. Il y a plus de féminité dans la femme-homme que de dangereux dans le quartier de l’auberge de Winnipeg.

Même affaire à Halifax (7 ans plus tard). Un gars qui m’avait pris sur le pouce m’avait mis en garde, car mon auberge n’était dans un quartier « safe ». Il m’avait dit que je pourrais me faire attaquer au couteau par des noirs. Criss c’était lui le dangereux. Il livrait du pot partout !

Le suisse rencontré a Kamloops et d’autres ont quand même réussi à semer le doute et je suis finalement revenu en avion avec mon chum Terry qui était venu me rejoindre à Vancouver.

Je regarde cela et je crois que je fais peur au dangereux. Je ne me suis jamais senti en danger une fois. Un soir au Chili je me suis saoulé raide avec un gars. Il m’a amené dans un bar clandestin. Il est parti sans moi avec une fille. Je suis revenu sans trop savoir le chemin en titubant. J’ai jasé 1h avec des poteux saouls dans un parc. Personne ne connaissait la langue de l’autre.

Ma garde était complètement baissée. Elle l’était, car jamais j’ai senti de danger. Je suis peut-être aveugle, naïf, inconscient, je ne sais pas. Je ne peux rien y faire je suis un naturel. Je ne vois pas le danger….Sauf s’il y a des rats.

Comme je dois passer par le Nicaragua, j’ai parlé à mon chum Terry. Sa blonde vient de là et il y est allé. Bon, allons-y de la fameuse question « Pis heu…c’est dangereux ? ».

-Ne sors pas de palette d’argent à la vue de tous…comme ici finalement
-Montre-toi pas avec des bijoux….comme je fais ici finalement
-J’ai lu qu’il a une crise politique. Le parti au pouvoir est contesté et ça manifeste pas mal…comme avec les Conservateurs ici finalement

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3 réflexions sur “Woooo j’ai peur!

  1. On en a fait plusieurs endroits au Usa où l’on disait: c’est dangereux !

    On a même pas voulu nous voler notre poussette neuve pourtant laisser en dehors d’un Stade à Nashville et dans l’entrée d’un Coyote Ugly au centre ville !

    Life is a trip !!!

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