Jour 6 : Souvenirs de Noel d’un enfant soldat

Soucieux de ne pas me réveiller à temps (4ham), je décide de dormir avec la lumière allumé. C’est LA chose que j’ai oublier. Un cadran. Je l’avais même pas mis dans ma liste de choses à emporter…amateur. Il y a bien ma montre que je peux programmer mais faut pas compter la-dessus. Quand tu dis que c’est Sandy qui m’avise le lendemain qu’a 5ham la montre a décide de sonner.

Le stratagème fonctionne. Mon 24 décembre commence tôt! Je suis seul ou presque dans la mini-van. Il y a 2 filles dans le fond et c’est tout. J’ai la première banquette en avant pour moi tout seul et pour mes sacs. Je vais même pouvoir me coucher. Il semble avoir 2 personnes en charge. Le chauffeur et son assistant. L’assitant, Edwardo, est comme qui dirais un bon vivant. Il blague et rit de ses blagues. Ils doivent l’entendre rire jusqu’à Guate. Il envoi des becs aux filles assissent en arrière. Cruiseur le Edwardo.

Je mettais assoupi quand je sens le véhicule s’arreter. Pause! Je suis habitué de voir les chauffeurs d’autobus conduire plus de 14hre de suite. Là, on a un trajet de 6h et après 2h c’est déjà la pause. Nerveux de laisser mes sac dans le minibus sans surveillance, je m’assure que le chauffeur barre les portes. Pas trop nerveux, il me dit que les filles restent dans la mini van de toutes façon…mouais

Je jase avec les 2 gars. Edwardo lit le journal. Il est plus attiré par les sunshine-girl que par les nouvelles. Des qu’il voit une fille en bikini, il sent la photo et part à rire. Le chauffeur me regarde à chaque d’un air découragé….Loco! Il termine sa « lecture ». Passe moi le donc!

J’ai demandé aux gars s’ils étaient de Copan ou Antigua. Antigua. Edwardo me dit qu’il va coucher a Copan car il y a une soirée de Salsa…Tu veux man! Il me conseil la même hôtel. Oui ça fait 2 fois de suite que je brise ma politique interne de toujours savoir ou je couche avant de partir. Arrivé à Copan, Moi et Edwardo allons ensemble vers l’hotel. Ils ont une place. Edwardo disparaît.

La place semble être l’hotel cool du coin. En fait c’est plus un resto-bar qu’un hôtel. C’est là qu’il y aura la soirée Salsa.

Ce petit village draine beaucoup de touristes car il y a un site de ruine maya. Le village est super calme et probablement plus qu’a son habitude car il parait que bien des gens ont quitter pour Antigua. Comme je l’ai dit, Antigua c’est LA place pour fêter Noël. Comme d’habitude je fais le contraire du monde.

Une fois installé, je commence ma routine de choses plates. Planifier mon départ est la principale. J’achete un billet d’autobus pour Tegucigalpa. 5h am le 26. Vraiment il va me falloir un cadran!

L’apres-midi ne se passe pas trop bien pour moi. Bien étendu sur le lit, je suis à lire ma bible (Lonely Planet), quand une fourmis rouge viens me rendre visite. « Bonjour toi! Tu vas venir me marcher dessus cette nuit ?» Je commence a somnoler. Je somnole et grelotte alors qu’il fait chaud on crève. J’ai le « flu » également mais ça, ça fait 2 jours que je « flute » plus ou moins.

Après 2h de grelottage et de va et vien vers la toilette, je décide de me lever et de faire un tour. Question de m’exposer au soleil et de lui tirer de la chaleur. Ça marche pas. Je vais occuper ma tête a autre chose. Je décide d’allé taper des textes. Ça va peut-être me faire oublier que j’ai froid.

Assis à mon poste, je réalise que je suis vraiment faible. Je suis les sages conseil de Sandy (Gtalk) et je vais manger. Ça fait 10h que j’ai le ventre vide et encore. Tsé quand tu t’attends à 2 oeufs saucisses et que tu te ramasses avec une mixture rougeâtre. Disons que j’ai picosser mon assiette tout en étant jaloux de celle d’Edwardo. De beaux oeufs brouillés tout jaunes comme je les aime.

Je vais au resto de mon hôtel. Je commence avec un coca-cola. My good! Le sucre me donne un “boost”. Après le repas plus de frissons et plus de « flu ». Le flu a du frapper un mur avec le gastrolyte que je lui ait servi.

Je revois Edwardo en soirée. Tite casquette blanche a la française et chemise blanche. Le gars est près pour la Salsa.
-Tu danses a soir ?
-Oui monsieur !

Il fait 2-3 déhanchement.
-Tu danses bien ?
-J’ai gagner quelques concours à Antigua

Mon dieu mais Edwardo est le king de la salsa ! A le voir cruiser les femmes durant le trajet Antigua-Copan j’ai hâte de le voir a l’oeuvre. Ça commence à 9h. Plus 9h approche et plus le resto-bar se remplis. Edwardo est fébrile. Il tape des mains et cris « Salsa, salsa, salsa ! »

De mon cote je suis un peu « off ». On est la veille de Noël, j’écris dans mon cahier avec une bière à la main et je suis entouré d’une foule. Mon genre de condition. Mais, je ne suis pas dedans. Je me force pour ne pas retourner à ma chambre qui est seulement à quelques mètres du bar. Je me force car je veux voir Edwardo le king de la salsa.

9h arrive. La piste de danse est pleine de gens qui attendent de recevoir leur leçon gratuite. Leçon donné par…Edwardo. Merde ! Il va danser avec des amateurs. Moi je voulais le voir faire le pro, le voir danser avec 2 filles en même temps, le voir faire le macho. Être le king de la place quoi. Mais, en bon prof, il baisse son niveau et enseigne la base. Je vais dans ma chambre. On est le 24 décembre, ça danse, ça rit et moi je suis seul dans ma chambre à lire les instructions de mon bon kodak.

Je sors de ma chambre pour aller voir les gens qui font péter des pétards. C’est ce qu’il font a Noël ici. Ils font péter toutes sortes de pétards. Je le savais déjà.

Il y a 3 ans, à Sanfrancisco, moi et ma soeur avions rencontré un australien. Raphael. Le gars étais originaire du Salvador (ou Honduras je ne suis plus sur). Nous étions à faire la fête quand il s’était mis a nous raconter sa touchante histoire qui a mené sa famille à quitter leur pays.

Sur le chemin de l’école, Raphael et un de ses amis avait été pris en chasse par des rebelles à la recherche d’enfant pour en faire des soldats. Ils avaient réussis à s’echapper en ce cachant dans un trou. Sauf que son compagnon a pris une balle et est mort à ses coté. Le père de Raphael à alors dit : « Assez ! On sacre le camps d’ici ».

Il nous avait expliqué qu’il avait été déçu de son premier Noël en Australie. Il s’attendait à ce que les gens fassent exploser des pétards comme il était habitué. Il nous avait expliqué avec passion comment il s’amusait a Noël à cause de cela. Jamais il est retourné dans son pays bien que la guerre soit terminé. Il sais que son pays(détruit par la guerre) n’est plus celui de son enfance et il veut garder ses souvenirs intactes même si certains sont effroyable.

Depuis que je sais que je serais en Amérique central pour Noël, c’est de voir ce rituel que j’anticipais le plus. Le rituel des pétards raconté par Raphael.

Je m’attendais à plein d’explosion et plein de gens partout. Je m’attendais à voir des enfants qui dansent et qui font des « ho » et des « ha »..NIET Il y a 2-3 gars à cote de l’hotel qui font exploser des pétards aux 20 minutes mais dans l’anonymat le plus total. Je vais faire un tour dans le parc. Pas mieux. Quelques personnes sont assisent et ça jase. PFFFFFF Ballounne pété.

Je retourne dans ma chambre pour poursuivre l’analyse de mon Lumix(bon kodak). Soudain j’entends plein d’explosions. Je regarde ma montre..minuit. Je sors de la chambre. Edwardo sert des joyeux Noël à tous le monde..il me sert dans ses bras. Je sors dehors sur la terrase. Le 3 mêmes gars aux pétards sont là et lancent de plus gros pétards mais dans le même anonymat. J’en entends d’autres qui éclatent au loin mais rien d’égal à ce que j’avais imaginé. Juste plus de pif, paf et pouf.

Je vois dans mon champ de vision une lueur. Je me retourne, regarde par terre et vois un mini feu d’artifice qui brule. Un ninos de la même âge que ceux de Sandy est la devant. Je le regarde. Il court partout entre les jambes des adultes. Il a un feu de bengale dans les mains. Il est la personne la plus heureuse du bar. Il rentre à l’interireur, revient en courant, aligne 3-4 mini feu d’artifice et les allume. Il rit et les gens rient à le voir aller. Il retourne à l’interieur et réapparaît avec 3 autres. Il est fou comme un balais. Raphael était là devant mes yeux….Fin jour 6

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