Jours 11 – 16 Texte 2 : Pas de pays pour lui

“Vas vers la gauche pas vers la droite“. C’est ce que Fernando m’a conseillé la première fois que je suis sorti pour marcher. Coudonc a-t-il lu mon Lonely. Je suis dans le quartier Martha-Quezada et le Centre d’achat est à droite justement. Le Esso également. Il y a un guichet et il donne des dollars US. MMMMMM dollar US (petit coulis de bave)

Lendemain, ayant besoin d’argent, je pars donc vers la droite mais, une rue plus bas. Elle est plus passante. Quand c’est les locaux qui te disent va pas là, aussi bien d’écouter. Je me suis rendu au marché(Inter Market) saint et sauf. Inter Market, place Versaille même combat. En plus petit et sans grande surface, mais côté dépaysement, je le serais plus Ste-Geneviève de Bastican mettons. Tellement que ce non-dépaysement me noter des contradictions. Les offres des services sans-fil sont aussi présentes qu’à Montréal. Si ce n’est pas n’importe qui peut s’offrir un IPhone 3G au Canada, j’imagine qu’à Managua ça doit être encore plus difficile. Je ne peux pas croire que c’est le même prix que chez-nous. Ça confirme que l’ont paie pas ce que cela coûte mais, plutôt ce que nous sommes prêts à payer. Le gens font des traces dans leur short à l’idée d’avoir un IPhone et sont prêts à y mettre le prix pour avoir l’air uniques, cool, différents. J’ai vraiment compris cela quand ils ont baissé la TPS de 1 %. Les gens étaient prêts à payer 42,75$ pour leur paire de jeans avant la baisse. Au lieu de dépenser pour changer les prix bien des détaillants ont mis le 1 % dans leurs poches, car le consommateur était déjà habitué à ce prix. Quand il y a eu une augmentation de la TPS jamais ai-je entendu “Bof on va laisser cela au même prix, car ça coûterait trop cher changer notre système pour 1 %”. Yeah rigth! Dis cela à un programmeur. Si c’est bien fait c’est une constante à changer dans un fichier de configuration.2 minutes de job et 3o minutes de test that’s it.

Voici d’autres contradictions observée

  • Plein de voitures de luxe et des concessionnaire BMW alors que dans le quartier Martha Quezada c’est très pauvre et pas loin de là, il y a un espace grand comme un terrain de football ou les “maison” sont des tentes faites de toile, sac à vidange et restant de panneau publicitaire.
  • Un pub Irish dans à côté de mon hôtel
  • Ma bible qui affirme que le Nicaragua est le pays le plus sécuritaire du coin alors que les locaux et chauffeur de taxi ne cessent de me dire “peligroso” ici et “peligroso” là. J’ai vu Martha expliquer à deux gars de ne pas marcher pour aller à tel place. Elle feignait une personne qui était en train de poignarder.

Le centre Inter a organisé un concours qui demandait aux enfants ce qu’ils voulaient être quand ils seraient grands. Les lettres reçu était affiché sur un panneau. Voyons à quoi rêve les enfants du Nicaragua. Tous âgé entre neuf et douze ans, ils veulent devenir ingénieurs, architectes, docteurs, avocats, vétérinaires. Ces rêves de métiers ressemblent en tous points à ce que des enfants de Montréal pourraient répondre. Là où je vois une différence c’est au niveau des raisons. Beaucoup désirent avoir ses métiers prestigieux pour acheter une maison à leurs parents et/ou pour améliorer les conditions de vie de leur famille.

Plus tard en soirée, je me dirigeais vers la gauche pour aller souper au “Pollo estrella” quand j’entends un “Hey Eltobito”. Je marchais au beau millieu de la rue. Il n’y a pas de traffic dans le coin. C’était Marco qui s’était accroché les pieds sur une terrasse. Il a rencontré un allemand qui habite le Nicaragua depuis 12 ans. Je decide de prendre une cerveza avec eux. J’apprend qu’en fait il n’a pas de nationalité. Ha! Ça se peut cela? Enteka, à écouter son histoire, oui!

Ces parents d’origine Yougoslave habitaient Munich sous protection diplomatique. Ils ont eu un enfant là, mon gars. En Europe tu prends la nationalité de tes parents et non celle de l’endroit où tu nais. Comme ces parents ne voulaient pas que leur fils soit pris en charge par les communiste, ils n’ont pas déclaré au gouvernement Yougoslave sont existence.

Plus tard, il a essayé d’obtenir sa citoyenneté allemande, mais pour ce, tu dois abandonner ton ancienne (la double citoyennete n’est pas permise). Comme il en avait pas, il ne pouvait pas abandonner ce qu’il n’avait pas. Devenir citoyen croate pour par la suite devenir citoyen allemand n’était pas une option non plus, car la guerre de la Bosnie avait court.

Sur son passeport allemand il y avait d’écris “Citoyen non-officiel”. Ce qui ne l’empêchait pas de voyager. Il y a 12 ans, il obtient un visa d’un an pour aller aider un ami à partir une entreprise de fabrication de cigare au Nicaragua. Il vend son entreprise qu’il avait en Allemagne (un magazine sur l’aviation) et part en croyant revenir dans un an ou moins.

Arrivé là-bas, il se fait voler son passeport. Il se dit “Pas grave, l’ambassade va m’en émettre un nouveau d’ici 2-3 jours”. Six mois plus tard le gouvernement lui répond. Ça disait “Euh désolé on t’en émet pas un nouveau. Nous ne t’expliquons pas pourquoi”. Il est pris au Nicaragua depuis ce temps et c’est lui qui à récupéré la business de cigare de son ami.

Insulté par la réponse du gouvernement, il a décidé de ne pas engager de bataille juridique. 33 ans à vivre là et à payer des impôts et le gouvernement le tasse du revers de la main. Je lui ai dit de devenir citoyen croate maintenant que la guerre est terminée. Il y a pensé, mais pour cela il faudrait qu’il aille là-bas pour la paperasse et comme il n’a plus de passeport et bien c’est impossible d’y aller. C’est vraiment comme la chanson “Passe moi la puck” des colocs.

“Ch’t’aller me chauffer les fesses au bureau du B.S

Mais on peut pas t’aider si t’as même pas d’adresse

Ça fait que je t’aller me checker un petit logement 2 pièces

On peut pas te le louer t’as même pas de b.S.”

Son autre option est la citoyenneté du Nicaragua, mais actuellement il se contente de son statut de citoyen permanent.

Après cette rencontre je suis retourné à mon hôtel. Bien installé sur mon lit, je suis à regarder les Simpson en espagnol. La lumière de ma chambre commence à me fatiguer. Je décide de la fermer. Seule la lueur de la télé éclaire la chambre. J’étais sur le point de faire un “Fin du jour 12″ quand soudain une ombre apparaît.. La quiétude de la Casa Vanegas venait d’être ébranlée.

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