Jour 16 : Les gars aux calculatrices solaires

Qu’est-ce que ça fait un clown? Ça jongle. Je fais le clown depuis le début, mais pas avec des balles mais avec des destinations. Dès que j’arrive dans une ville, je regarde la prochaine pour savoir comment m’y rendre et vérifie si cette prochaine ville permet de se rendre facilement à ma prochaine destination. Je suis donc deux coups à l’avance. Pas plus. Par conséquent, je suis un pays à l’avance. Je ne sais rien sur le Panama, je n’ai rien lu encore, car je dois passer par le Costa Rica avant. Là, depuis trois jours je clenche dans la jonglerie. Je jongle avec trois destinations possibles pour par la suite aller au Costa rica.

Hop! Granada. Hop! San Juan del sur Hop! Rivas. Woooo ça sent Granada, Oupp! Non San juan del sur…..Hoooo! Rivas prend du gallon.

Man! Ça fait trois jours que je gosse. J’ai même retardé mon départ de la Casa parce que je ne suis pas branché encore. On voit que je ne suis pas moumoune et que malgré la présence du monstre de la chambre #3, je ne suis pas porté à prendre la poudre d’escampette.

La casa est juste à côté du terminus d’autobus Tica Bus. Ils font des déplacements internationaux. Il y en a un centre d’appel dans le terminus et je décide donc de m’y rendre afin d’entendre la voix de Sandy un peu. Ça marche. Je l’entends….sur le répondeur. Elle sera tellement déçue de m’avoir manqué. En rentrant dans le terminus, mon regard fut attiré par la liste des départs vers San Jose, Costa rica. Voilà! Finit la jonglerie. Au diable Granada, « dewors » San juan del sur et aux vidanges Rivas. Je rentre au Costa NOW et je rentre creux.

Mon autobus part à 11hre le lendemain. Yes! Pas de niaisage de se lever à 4h am sans cadran avec pleins de trucs aussi cave les uns que les autres pour le réveil. Finis de me lever à l’heure des banlieusards qui travaille à Mtl ou à l’heure des coquettes qui s’arrangent la face pendant des heures avant d’aller travailler. De plus, j’ai réussis à faire une réservation. Voilà qu’au jour 16, je mets en application ma politique du réserve avant de partir.

Le lendemain, à 9h30, tout était prêt. Bagage fait, déjeuné mangé et cordoba dépensé. Cordoba dépensé trop vite. La veille j’avais fait un deal avec l’ennemi de la rue Frontenac. Ce futur « lockouté » a suggéré que nous prenions un drink simultanément à la santé de l’autre. Je lui avais dit « Ok. Tu prendras un rhum jamaïquain ». De mon côté se sera une bière local. Il ne le sait pas, mais je ne l’ai pas fait. J’avais plus une cenne nicaragu…nicaragui… Je n’avais plus de pièces du Nicaragua!

Statut : Eltobito espère que Fugere ne sera pas fru

Comme toutes mes choses étaient prêtes, j’ai clairé la chambre afin de permettre à Martha de la nettoyer. J’avais comme 12 bouteilles d’eau vides alignées sur le bord du mur et trois rouleaux de papier de toilette que j’ai laissé là. Au rythme où j’en utilisais, je me devais de faire mes propres provisions, car la famille de la casa ne pouvait suivre ma cadence. Je me voyais mal aller frapper à 4h du matin et demander…papier cul SVP. En plus vaut mieux toujours traîner un rouleau avec soit quand tu fais du bus. Sinon tu risques d’avoir à t’essuyer avec le Lundi. Pas très doux et Celine Dion en basané, c’est ordinaire.

J’attendais 10h. Je dois arriver 1h avant mon départ sinon tu peux perdre ton siège. Ils font comme pour les avions ici. Assis dans le salon, je ne faisais rien. Absolument rien. Je n’écoutais pas la playlist de Sandy sur mon Ipod et  je ne lisais pas un de mes trois Archie. J’étais juste assis là en colon, bien droit et j’écoulais les minutes. Je devais avoir l’air d’un psychopathe.

À 10h moins une, je pars pour mon rendez-vous de 10h. Ce n’est vraiment pas loin. Les chauffeurs de taxis qui attendent en face du terminus me sautent dessus.

– Taxi?

– No gracias

– Hey segñor Taxi

– No! Tomo autobus aqui

– Taxi, taxi?

– Non, non. NON!

J’arrive au terminus criss, je ne pars pas ! Je pointe le terminus en essayant de leur faire comprendre que je rentre là-dedans. Vous voulez toujours bien pas que je prenne un taxi pour faire le tour du bloc. Vous me l’avez fait le coup quand je suis arrivé. J’étais à un autre terminus et ne voulant pas prendre de chance j’ai pris un taxi. Parfois sur les cartes du Lonely les distances ne sont pas claires. On s’était entendu pour 4$US. Je me suis fait royalement fourrer. La distance à faire c’est avéré l’équivalent de :

Pour les montrealais : Métro laurier à Métro Mont-royal

Pour les Valdoriens : L’avantage au Château 80

Pour le gens d’Ottawa : De Tabaret au Centre rideau

Pour les gens de Québec : De la pyramide au PEPS

Pour les gens de la Rive-sud : Du centre d’achat à l’autre centre d’achat

Pour les autres….500 mètres criss

Je suis planté debout dans le milieux du terminus et j’attends. Je ne fais rien. Je m’assoie même pas. C’est comme ma journée « Duh! » du voyage.

Un homme sexy. Bon c’est du n’importe quoi ça. Je veux dire un homme, qui semble être un chauffeur me demande

– Tu voyages seul

– Oui…je n’ai pas d’amis

– Tu veux partir maintenant. J’ai de la place

Good. Je vais arriver plus tôt à San josé. Ma voisine de siège est dans la même situation. Seul et elle a switcher de bus. Tatouée partout , pesant à peine 100 livres (dont 25 livres de cheveux) et cheveux avec « threds ». Elle ouvre un livre et je remarque que ce n’est pas écrit avec l’alphabet latin. Arabe? Hébreu? Je n’ai jamais croisé d’arabe qui voyagent avec un sac à dos. Je vote pour l’hébreu. Elle s’avèrera être Israélienne.

Il n’y a que deux nouvelles que je connais depuis mon départ. Ça brasse à Gaza et le fils de John Travolta est mort. J’ai failli lui demander son opinion sur ce qui se passe a Gaza, mais non…Trop complexe et émotif. Elle me demande où j’ai habité à Managua. Je me bombe le torse, prends un respire et pousse « La Casa Vanegas! ». Elle répond « Ha ouin, moi aussi j’y suis allé. J’ai haï ça ». Quoi! Tu as haï ça. Impossible. Je peux comprendre de l’indifférence, mais haïr ça… Elle a dû habiter la chambre #3 et la chienne lui a pogné.

Plus tard, je lui demande si elle a aimé le Salvador. « Bof je n’ai pas aimé le pays. Comme le Nicaragua ». OK ça commence à être constant chez elle.

Comment tu peux haïr un pays? Tu ne peux pas haïr un pays. Un pays que tu visites ça ne s’hait pas. Il y a trop de paramètres à connaître pour ce forger ce genre d’opinion négative. Tu peux haïr un voyage, mais pas un pays. Me semble que tu prends les expériences et les infos que tu récoltes et tu les places dans le classeur apprentissage. Surtout pas dans le classeur des « méchants » ou des « bons ». Haïr un pays….T’es Israélienne toi!

J’ai été chanceux depuis mon départ. Les passages aux douanes ont été simple. À la frontière Guatemala / Honduras cela a pris 10 minutes et c’est parce qu’on a attendu après Edwardo le king de la salsa. Il jasait avec tout le monde. Pour la frontière Honduras / Nicaragua ça c’est bien passé aussi mais on a dû prendre nos bagages pour les faire inspecter. Une inspection qui s’est résumé à je lève le sac, je le brasse un peu et je dis « c’est beau ». Aussi bien ne rien inspecter du tout.

Nous arrivons à la frontière du Costa rica. Nous devons payer notre taxe de sortie à l’agent de bord et on lui donne nos passeports. C’est toujours un peu paniquant de te séparer de ton passeport comme ça. Tu ne sais pas trop quand tu vas le revoir et il y a toujours le risque qu’il l’échappe sans s’en apercevoir. Passeport? Je n’ai pas ton passeport moi!

Nous sortons de l’autobus. Ya du monde partout. C’est la frontière la plus occupée des trois que j’ai eu à passer à date. Plusieurs gens d’autres autobus sont en attentes aussi et il y a les incontournables échangeurs d’argents. Il se lance sur toi « Cambio dolares ». Ils sont là avec leur calculatrice solaire et leur palette d’argent à la vue de tous. Quand je pense que je me promène avec un 20$ US dans les bas de peur de me faire attaquer.

Contrairement aux autres frontière, il y a des échangeurs officiel. Ils ont un « nametag » et donne les mêmes taux à tous. J’en suis à ma quatrièmedevise. Si ça m’a pris quatres semaines à me faire une tête pour avoir le réflexe de dire « Hola », je ne peux pas faire de même pour les taux de changes. Tu as comme 10 secondes pour faire le switch de taux de conversion dans ta tête. Tu commences à peine à t’habituer à une devise que tu dois tout oublier tes trucs pour t’en faire des nouveaux. Souvent j’oublie de regarder le taux de conversion avant de partir et je me ramasse vraiment sans indice fasse à l’échangeur. Il te pitonne ça sur sa calculatrice mon ami. Tu peux juste dire OK.

Au Guatemala c’etait sept quetzals pour 1$US, au Honduras c’était 18 lempiras pour 1$US et au Nicaragua c’était 20 cordobas pour 1$US. Il y a des virgules la-dedans, mais en s’en sacre. C’est pour les banques ça. Le pire c’est qu’ils ont des cennes. Imagine la valeur de 10 centivos du Honduras. Je dois en traîner comme une livre dans mes bagages. On est quand même dans les petits nombres et donc l’adaptation se fait facilement. Me semble que si tu fais une erreur c’est moins coûteux et facilement détectable. Le pire c’est de changer des quetzals pour des lempiras. Qui connait le taux a pars le gars à la face de charlatan qui te l’échange. Dire que c’est moi qui a programmé le convertisseur de devise pour le LPA nouveau.

Je donne 20$US au changeur. Il me donne 11 000 colones. Je reste planté là à essayer de figurer le taux. Le gars remarque que je suis hésitant. Il me sort sa calculatrice, baragouine des chiffres et effectivement cela arrive à 11 000. Ben coudonc! Je comprends plus tard que c’est 550 colones pour 1$US. Facile! Tu scraps des zéros tu fais x2 et ça te donne une idée de l’équivalent US. Je vais tellement perdre quelques zéros quelque part.

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3 réflexions sur “Jour 16 : Les gars aux calculatrices solaires

  1. Quoi? Es-tu en train de me dire que je me suis levé le cul de mon lit, mis mes jeans, mon hoodie, mon coat, mes bottes, j’ai fait chauffer ma vanette (comme tu le dis si bien.. D’ailleurs, vanette, c’est quoi en espagnol?), que je me suis tapé la route 361 sud jusqu’à la 138 ouest, que j’ai rentré dans le Manoir Batiscan, que j’ai fait fucker le chien à Vicky la barmaid pour qu’elle trouve ton crisse de rhum jamaicain et qu’elle me le serve avec du pepsi (du rhum, ca se boit avec du coke, pas du pepsi, qu’elle me dit… je lui ai dit de pas se mêler de ça si elle connaissait pas la famille Gaudreault) pis toi t’as même pas eu le coeur de sortir UNE PETITE PIASSE US pour acheter la bière locale que tu m’as promis de prendre à ma santé? Je comprends donc que c’est de ta faute, les mauvaise nouvelles que le doc m’a donné??!?!?! Pas boire à ma santé parce que t’avais pu de glouglous (terme de Christian Tortora pour la monnaie locale)!??!?!?! Come on ! Deux minutes pour mauvaise excuse, Senor Carreta!

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