Jours 25 – 26 : L’instinct du chasseur

L’hôtel où je reste est tenu par une américaine. C’est sa maison et elle a aménagé des chambres pour les voyageurs. Souvent les gens ne restent qu’une journée, car c’est un endroit de transition pour les surfers. Les gens passent par là pour ensuite aller à Boquete. Actuellement, il y a un festival dans le village et il est impossible de trouver un endroit ou rester. Donc les gens de mon hôtel restent plus longtemps à David et se contentent de faire des « daytrip » à Boquete. Ce n’est pas trop loin et cela coûte 1.50$ pour une ride de 1h dans un autobus scolaire. Cela devait faire 25 ans minimum que je n’avais pas embarqué dans un bus scolaire. J’avais oublié le concept du banc avec la bosse de la roue. Me semble que dans le temps c’était cool d’être assis sur banc où il y avait la bosse de la roue. Mettons que là c’est moins le fun. Petite séance de yoga pour réussir à t’asseoir là.

 

L’Amérique centrale a fait face des pluies diluviennes cet automne et Boquete a été particulièrement touché. Par conséquent ils ont fait un Toronto d’eux-même. À Toronto, suite à la crise du SRAS il y avait une campagne pour redonner un boost à l’économie de la ville. Il encourageait les gens à y aller et avait même organisé un concert des Stones. À Boquete ils ont fait la même chose. Venez flamber votre argent en ville. Donc la place est paquetée de touristes panaméens.

 

Une vielle madame américaine s’est collée après nous autres. Elle a décidé qu’elle était LA spécialiste du Panama.

 

-Le propriétaire du garage Toyota est une femme super riche et possède plein de garage comme cela.

 

Ok mais c’est un nom de gars qui est écrit sur l’affiche

 

– Il y a beaucoup de trafic sur cette route le matin

 

Ha oui…wow.

 

– Le proprio du Super 99(épicerie) va se présenter comme président du Panama

 

Ouf je n’en peu plus. La gueule ne lui arrêtait pas. Une ti-jos connaissante. Tu en sais trop la grande. Va visiter l’Ouzbékistan. Tu vas nous donner un break d’étalement de tes connaissances.

 

La visite de Boquete n’a pas été la grosse affaire. Sur le site des festivités il y avait des kiosques. Des gugusses d’artisanats où les gens vendent des choses pour des miettesde pain, côtoyait des kiosques de concessionnaire automobile. Me semble que des kiosques de char c’était un peu overkill.

 

Le lendemain, c’était jour de paperasse. Achat de mon dernier billet d’autobus et trouve le bureau de poste pour envoyer une carte postal à Belleville. Si vous en voulez, envoyez moi votre adresse. La dame de l’hôtel m’avait dit qu’elle pouvait les envoyer pour moi. J’avais fait cela à Salta, Argentine et le gars me les a jamais posté. Je refuse son offre. On n’est jamais mieux servi que par soit même.

 

Je mémorise la carte du quartier pour trouver le bureau de poste. Ce n’est pas très clair pour se rendre là à partir du terminus et la dame m’avertit que ce n’est pas si près que cela. Pas grave madame. Mon instinct pour trouver des endroits est puissant, très puissant. Les rues sont spaghetti mais je devrais m’en sortir. Faut que je trouve la rue Simon Bolivar….me semble. Je ne sais plus trop.

 

Je décide de commencer par l’achat du billet d’autobus. J’ai amené un 50$ US. Comme de raison ils ne les prennent pas. Erreur d’amateur. J’ai de la misère à casser des 20$ et moi je m’en vais accepter des 50$ à la banque. Vraiment! C’est comme si ma grande magouille n’a servi à rien. Je suis pris avec deux 50 dollars. Je récupère 100$ d’un bord et en perd 100 de l’autre. Je suis pas mal tanné de ce gossage de cash là. Je vais donc au guichet…carte ne marche pas. Maudit calisse de criss de tabarnac d’ostie de ciboire de bizounage de maudit cash flow que je suis plus capable ostie calisse de criss.

 

Trouvons le bureau poste ciboire de gossage de naissage….il en manque un. Ha oui! De niaisage d’ostie. Je prends une rue au hasard. Ma mémorisation de carte n’est plus vraiment mémorisée. L’instinct « kicked in ». J’observe le quartier, analyse la configuration des rues et du trafic. Je regarde au loin. Ça semble assez commercial. Ok je prends à gauche. Que vois-je…rue Simon Bolivar.

 

Maintenant à gauche ou à droite. Bah je suis au bout de la rue. À gauche. Elle était facile celle-là. L’instinct n’a pas eu grand- chose à faire. J’emprunte la rue. Je me dis que le bureau de poste n’était peut-être pas sur cette rue finalement. Pas grave. Je fais appel à mon expérience. Question :

 

– Suite à tes observations, quels édifices sont les plus imposants en général?

 

Facile. Banque et bureaux de poste. On est loin des comptoirs dans le fond du Jean-coutu. C’est toujours une grosse battisse super clean qui te donne envi d’aller la visiter. Je commence donc à descendre la rue Simon Bolivar tout en prenant soin de regarder sur les rues qui la croisent pour voir si je ne verrais pas un édifice qui ressemble à un bureau de poste. Après 6-7 coins de rue, aucun signe de bureau de poste. Oh je vois sur une autre rue plus loin un gros édifice blanc qui diffère de la structure des autres présents dans le coin. Évaluation, analyse (je ne veux pas gaspiller des pas) et décision. Allons voir. Et voilà, en plein dans le mille. Je fais ce j’ai à faire comme un grand. On est loin de 2005 où j’avais amené un américain qui parlait espagnol avec moi parce que je n’étais même pas capable d’acheter un timbre.

 

Qu’est ce qu’il y a en face du bureau de poste. Un gros édifice. Une banque. Ma carte marche. Il me reste qu’a acheter le billet. Ça s’annonce compliquer. Ils font partir le bus à minuit.

 

Si je dis à la fille que je veux un billet pour demain à minuit, est-ce qu’elle va penser que je parle de ce soir ou du lendemain? Normalement minuit c’est le changement de journée, mais généralement les gens considèrent demain quand il y a une séance de sommeil. Si tu donnes rendez-vous à ton pote à 1ham et qu’il est 9hpm, tu ne lui dis pas à demain. Mettez donc le départ à 11h59. Là je dois gérer cela en espagnol. Je serais tout mélangé en français imagine en espagnol. De peines et de misères je réussis à faire comprendre à la fille que c’est demain que je veux partir. Tous semble clair. Elle me donne le billet. Je vérifie la date. 12h00 14 janvier. Si on part du fait qu’à minuit la date change ça veut dire que le billet est pour ce soir, car nous sommes le 13. Mais comme il semble clairement que la fille parlait de demain soir je vais assumer que la date n’est pas bonne. La compagnie doit considérer qu’il faut avoir eu une séance de sommeil avant que la date change…Quoique un bus ça ne dort pas….Aidez-moi quelqu’un!

 

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