1 – Chronique féline – Introduction

J’ai peine à garder les yeux ouverts. Je cogne des clous comme ils disent même si en fait je ne suis pas trop sûre de savoir ce que sont des clous. Le film de ma vie s’achève. Je suis à lire le générique. Je n’ai plus la force de continuer. Le peu de force qui me restait, je l’ai utilisé pour m’enfuir de la maison. Je ne peux pas mourir à la maison. Si j’avais pu leur laisser une note, je l’aurais fait, mais que voulez-vous… je ne sais pas écrire. Je me dis « Ça à commencer dans la rue et ça va se finir dans la rue. »

Dans un générique digne ce nom il faut une chanson qui fesse! Une chanson qui te rentre dedans. Pour mon générique à moi, celle qui me vient en tête est une chanson des Colocs. C’est grâce à la chanson Belzébuth qu’ils ont décidé de m’appeler Élizabeth. Dans leurs oreilles, le beat était bon.

Elizabeth
Elizabeth

Dans un générique digne de ce nom, il y a aussi des remerciements. On remercie les habitants de telle ville ou de tel quartier d’avoir « accepter » que le tournage bouleverse leur quotidien durant quelques semaines. Merci habitant d’avoir accepté de vous faire chier à trouver un stationnement 12 coins rue plus loin qu’a l’habitude. Merci habitant d’avoir accepté que le monde entier voit les cons qui fréquentent vos parcs et qu’ils subissent les canulars de l’émission « Les gags ». Oui des cons, car malgré qu’il y ait 12 camions de stationner, 3 boites de « plywood » avec une vitre teinter, une blondinette qui demande de surveillé son furet qu’elle tien en laisse et un policier avec une fausse moustache qui ne cesse de le tirer par le bras afin que vous fassiez face à la caméra cachée, l’habitant con est trop con pour voir le canular mis en scène par « Juste pourrir ».

Dans mon générique à moi, les remerciements concernent les habitants du plateau Mont-Royal.

Plus particulièrement, les chats de la ruelle Henri-julien et ceux de la ruelle hotel-de-ville. Sont-ils cons mes habitants ? Bah les chats non. En ce qui concerne les humains……Bah c’est des humains. Le mot le dit !

Dans un générique digne de ce nom il y a des…..noms. Plein de noms. Dans mon générique à tout le monde joue son propre rôle.

Papineau dit le gros tas

Apu dit le frustré

Oréo dit je vis sous la jupe de ma mère

Keyser Söze dit le boiteux

Milhouse dit celui qui se cherche des amis

Le chat méchant dit le chat méchant

L’ami chat 1, L’ami chat 2, L’ami chat 3

Nelson aka Darwin aka on ne sait plus trop

Big fat black cat dit le vétéran

Ponpon

Chouchoune dite la chasseuse

Doune dites la grosse

Au cours de ma longue vie qui s’achève, je n’ai pas rencontré tous ces chats, mais mon humain oui. Qui est cet humain ? Il se fait appeler Coolchef, Eltobito, El Barto, « El hombre que se sienta on de fuere », Princesse, Nounours, petit Pénis, immense pénis, Pierre Levert, Superfoot, ou Coucou. Devinez comment MOI je l’appelle….Allez un petit effort….Vous donnez votre langue au chat ? Héhé est bonne ! De mon côté, je l’appelle « grosse patte ». C’est un mâle. Ce qui est drôle, c’est que quand il me parle il n’est pas mâle du tout. Il prend une voix de bébé et fais la moumoune. On repassera pour la virilité.

Je l’ai bien aimé cet humain malgré le fait qu’il s’est assis sur moi 12 fois, qu’il m’a abandonnée plusieurs fins de semaine, qu’il me faisait manger de la nourriture sèche au lieu de la bouffe qui pue, qu’il m’utilisait pour ses expériences sociologiques et qu’il me cassait toujours les oreilles avec sa maudite phrase « à 500 $ de vétérinaire, crois moi qu’elle va resté en dedans longtemps ». Disons que ça a fait mon affaire qu’il trouve que ça coûte cher. Les visites ont été peu fréquentes. Je ne sais pas ce qu’ils ont ses vétérinaires, mais à chaque fois que j’y suis allé, ils m’ont rentré un bâton de verre dans les foufounes.

Mon humain Grosse pattes à rencontré plein de chat dans sa vie, mais c’est avec moi qu’il a dû affronter les vétérinaires pour la première fois. Son verdict ? « Tous des crosseurs ». Sais pas trop c’est quoi un crosseur, mais à ce que je comprends, les crosseurs sont des humains qui te rentrent des bâtons de verre dans les foufounes tout en te flattant dans le sens du poil !

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