2 – Chronique féline : Ponpon le mastodonte

Je sais que mes humains doivent être tristes en ce moment. Ils doivent se demander où je suis. Quand vais-je revenir. J’imagine Grosse patte sortir sur le balcon, pied nu et en bobettes pleines de trous. Il est toujours en bobettes. Il sort les vidanges en bobettes, il joue à la Ps3 en bobettes et il prépare ses petites patates au beurre en bobettes. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai vu une de ses couilles se sortir la face de ses bobettes. Toute gênée, hésitante, elle se présentait souvent la barbe pas faite.

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Grosse patte doit m’attendre sur le balcon en faisant ce son particulier. Le même genre de bruit qu’il fait quand il donne un bisou à Touptite, mon autre humain, mais en plus bruyant. En fait tous les humains font cela et tous les chats réagissent à ce son. J’appelle cela « le call du chat ».

Pauvre grosse patte. Arrête de te les geler dehors à m’attendre. Entrez toi et tes couilles. Je ne reviendrais pas ! Je le redis, le film de ma vie tire à sa fin. Ma décision est prise. J’ai trop grimpé de tablettes, trop mangé de mouche, trop avalé de poil et trop attrapé de puces. Le corps n’est plus capable de suivre. En passant, pour les puces ce n’est pas de ma faute, c’est mes 2 autres colocs qui en ramenaient toujours.

N’attends pas mon retour. Ça ne sert à rien des prier St-Antoine pour qu’il me retrouve. Je ne veux pas que vous me voyiez comme ça.

Grosse patte serait surpris de savoir que je connais St-Antoine de Padoue le patron des objets perdu. Mes humains croient que nous ne comprenons rien quand ils nous parlent ou quand ils se parlent entre eux. Nous comprenons ! Nous écoutons ! Si on m’appelle et que je ne viens pas, ce n’est pas parce que je n’ai pas compris. C’est parce que ça ne me tente pas d’aller te voir. Je peux-tu avoir la paix des fois ?

La référence à St Antoine ne fait pas partie du film de ma vie, mais plutôt du sien. Trop jeune, je n’ai jamais vu la mise en situation du film de la vie de Grosse patte mais je l’ai entendu en parler. En l’écoutant j’ai appris plein des choses sur sa vie pré-Élizabeth. Pré-Élizabeth, comme si j’étais le pivot de son propre film. Donne-toi pas trop d’importance Élizabeth.

J’ai appris que bien avant moi, Papineau et Apu il y a eu Ponpon. Et comme nous sommes de la même espèce, on fait tous la même chose un jour ou l’autre..on se pousse.

Bien avant d’aller à la maternelle, Grosse patte à vécu avec un chat nommé Ponpon. Il était gros ! Plus gros que Papineau et Papineau yé gros en criss ! Tigré comme comme Apu. Mes deux colocs fusionnés en un seul chat. Un jour Ponpon a disparu. Plus de Ponpon ! Sa mère avait beau faire le « le call du chat » devant la maison, dans la ruelle du commerce « Payez et emporte » ou dans la ruelle de l’école St-sauveur, Ponpon ne se manifestait pas. La mère et Memmy, la grand-mère de Grosse patte, étaient résignés. Le règne de « Ponpon de la rue Fisher » était terminé. Il s’était poussé. En cette froide journée d’hiver, les humains adultes avaient perdu espoir de revoir Ponpon, mais Grosse patte ne désespérais pas. Il avait un plan.

Chaque fois qu’il cherchait une « tite auto », une toupie ou autre jouet Memmy lui disait, « demande à St-antoine. Il va le retrouver ». Mais avec la température hivernale qui sévissait, Grosse patte devait d’optimiser son plan. Il devait sortir des arguments massue. Du haut de ses 3 pieds, il serra les poings, leva le menton, ancra ses pieds dans le sol et cria aussi fort qu’un enfant de 4 ans peux le faire « St-Antoine ! Mets tes bottes et tes mitaines pis va chercher mon chat ». 2 jours plus tard, tout sale, Ponpon était de retour. St-Antoine l’avait repéré dans les vidanges du restaurant de L’oiseau bleu.

Malgré ce retour divin, Ponpon disparu quelque mois plus tard. Grosse pattes a cru que Ponpon avait simplement quitté la maison. Il apprit 25 ans plus tard, durant une conversation anodine, que maman et Memmy avaient dû l’envoyer se faire endormir. Je crois que Grosse pattes est encore sous le choc.

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