Je suis Machete ou Just when I thought I was out… they pull me back in

Oui ça m’arrive des fois que je me sacrifie pour les boys. De sauter sur la grenade. Mes 2 derniers sacrifices humains n’impliquent toutefois pas une grenade, mais plutôt une machette. Trois fois j’ai vu le film Machete (lire Macheté) une fois pour moi et 2 fois pour mes chums. Avec leurs petits yeux piteux ils me suppliaient que je les accompagne. Que voulez-vous? Je suis bon vendeur. Ce Undercover Brother à la sauce mexicaine ensanglantée est bon. J’ai aimé l’exploitation au max des clichés racial et cinématographique. On ne s’enfarge pas dans les détails.

A mon premier visionnement, c’était décidé. Maintenant, je me fais appeler Macheté. Ce ne fut pas trop fructueux. Je voulais être Machete bon! Le défenseur de la veuve et de l’orphelin qui porte les cicatrices de ses combats. Ok je n’ai pas de cicatrices dans la face comme lui, mais j’en aie partout ailleurs. Celle du crayon de plomb planté dans le bras, celle du morceau de métal qui a arraché 3 pouces de peau, celle des pédales de bicycle rentré dans les mollets, la circoncision, les genoux scratché au Ultimate, le bouton de picotte arraché sur le front, etcétéra, etcétéra.

Depuis donc 2 semaines, je vois du mexicain au ciné, je me vois en mexicain et pour rester dans le thème je me vois arriver au bureau les 31 octobre avec un masque de lutteur mexicain. Trouvant cela un peu exagéré mon affaire, j’étais bien décidé de décroché de Macheté suite à mon 3e visionnement.

Ayant vu le film à Longueuil, je suis à attendre le métro à la Station de la ville pour retourner à Montréal. Un mercredi soir a 23h30 , mettons que tu es pas mal seul sur le quai. Je suis en train de sacrer une volée à mon Ipod touch. Je le clenche totalement à la patience. Le train arrive.

J’ai l’embarras du choix de siège. Ya pas un chihuahua. Allez opérateur décolle! Ya personne d’autre qui va monter et aussi bien ne pas arrêter à la station Jean-Drapeau, il aura encore moins de monde. Le train part. Concentré dans ma passionnante partie de patience, je ne remarque pas combien de personnes attendent sur le quai de la station Jean-Drapeau. Selon le bruit ambiant, il semble avoir plusieurs personnes qui montent dans le train, mais ma partie de patience est trop captivante pour que je quitte mon écran des yeux. Le métro repart. Je lève la tête. Non je ne le crois pas. Tabarnac il y a un gars assis devant moi avec un masque de lutteur mexicain. Voyons donc je rêve! Ya quelqu’un qui me niaise certains. Il est assis là avec 2 femmes qui semble trouver cela tout a fait normal. Bon OK. L’absence de réaction des 2 femmes a l’effet que moi aussi j’adopte l’attitude du « bah ya rien là quelqu’un qui porte un masque de lutteur mexicain dans le métro ». J’arrive à Berri-UQAM.

J’étais de retour dans ma bulle depuis quelques minutes et mon cruise control était en marche. Je suis dans la lune totalement. Je sors du train sans remarquer qu’il a beaucoup de gens qui sortent. Il y a 2 couloirs pour quitter le quai. J’en prends un. Toujours, sur le cruise control. Je monte les marches et arrive au point oû les gens des 2 couloirs se rejoignent et se retrouvent face à face. Soudainement, tout le monde autour de moi commence à chanter un air de mariachi bien connu. Fuck il y a comme 200 Mexicains autour de moi et ils chantent tous. Certains filment la foule à l’aide de leur téléphone tout en se déplaçant vers la ligne orange. Dieu m’envoie un message. Il veut que je sois Machete. Il m’envoie 200 Mexicains. Rapidement le chant se transforme en cris. Tous en cœur ils crient « Mexico, mexico, mexico ». En fait pas Mexico, mais « Me’ico ». Le pas est rapide et le « Me’ico « semble rythmer la cadence. Les cris se poursuivent jusqu’aux escaliers roulants. Je marche dans le groupe et me laisse porter par les cris.

Arrivé en haut le groupe se divise sur le côté nord ou sud de la ligne orange. Les cris arrêtent brutalement. Dieu est persistant. Il me veut en Machete. Il m’envoie des « Me’ico » par la tête, mais j’ai résisté. Les cris ont cessé. J’arrive sur le quai nord de la ligne orange avec quelques Mexicains. Ils voient les autres sur le quai d’en face. La chanson de mariachi reprend de plus belle. Non Dieu! Mon trip de Machete est terminé. Fini le « call me Machete ». Fini le « On va tu revoir le film ». C’est assez Dieu! Je me sauve au bout du quai. Les chants sont moins forts. Je regarde l’écran de télé en attendant l’arrivée du train. Je croyais avoir gagné, mais Dieu n’a pas dit son dernier mot. Il sacre une pub de Koodo avec le lutteur mexicain. OK j’abandonne! Call me Machete!

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5 réflexions sur “Je suis Machete ou Just when I thought I was out… they pull me back in

  1. Hey Machete, je l’ai pas vu encore le film, on va voir ça après le pool de hockey ! Une fois de plus ou de moins ca fait pas une grosse différence rendu là héhé

    PS : Bien content de pouvoir relire tes textes, c’est toujours aussi bon 🙂

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