La cigale et la fourmi

Régulièrement je vois des gens sur Facebook qui comptent le nombre de dodos avant un évènement heureux à venir. C’est sûr que quand tu es organisé, que tu sais ce que tu fais et où tu t’en vas, qu’il est normal d’avoir hâte.Je constate dans mon cas que je ne compte jamais les dodos. Au contraire je suis plus en mode….”Quoi il en reste juste 7! J’ai rien fais”.Je me transforme en étudiant de Cégep. Je deviens une cigale. Je repousse toutes les choses que je dois faire à plus tard.  Je pellette en avant. Je deviens le roi de la pelle.Quand je pars en voyage j’ai 2 modes. Le mode cigale et le mode fourmi.Le mode fourmi précède toujours le mode cigale. Le mode fourmi est un mode où tu analyses, t’es actif et tu vois à tes affaires. Magasinage de billet, négociation de vacances, analyse des trajets possible. Tu n’as pas le temps de niaiser. Plus tu niaises, plus Paul le choqueux risque de t’entraîner dans son sillon.

Coooomme j’ai l’air intelligent quand je suis en mode fourmi. J’ai l’air décidé. Sans peurs et sans reproches. Reproches? Reproche? Enteka, sans peurs.  C’est après que ça se corse. Mon mode cigale est assez cigale merci. Je suis trop cigale. Comptez moi pas les dodos je veux rien savoir. Je veux rien savoir parce que il y a un montagne de choses à faire. Elle est là la maudite montagne et elle me fait chier. Plus le départ approche, plus je vois la montagne grosse.

Je ne sais pas où je vais coucher, je ne sais pas où je vais, je ne sais pas comment ça coûte, je ne sais pas pourquoi je me suis embarqué là-dedans. Je suis en déni total. Par chance, les gens qui m’entourent s’occupent de me sortir de mon état de cigale.

Pendant des semaines la date de départ n’est qu’un chiffre que je ne cesse de répété aux gens. Ce chiffre est pas trop clair même si le billet est acheté. Ma moire est courte quand je parle de date, heure, jour. “Heu je pars le 25-26-27….qq part dans se bout là”. Je m’en fout du nombre de dodos.A un moment donné, suite a une question sur la date de mon départ,  ça me frappe comme une armoire sur mon chemin que je n’ai pas vu.  “Criss je pars la semaine prochaine”. La noirceur m’envahis. Je réalise qu’il ne reste qu’un mardi, qu’un mercredi, qu’un lundi, qu’une fin de semaine avant le départ….“Merde je pars vraiment la semaine prochaine!”.
– Tabarnac il ne reste que 7 dodos. Demain je regle mes affaires.
Le lendemain arrive rapidement
– Tabarnac il ne me reste que 6 dodos. Demain je régle mes affaires.
Le surlendemain arrive.
– Maudit cave…5 dodos. En fin de semaine je m’y mets.
Et évidemment.
– Fuck déja dimanche arrive.
De la grande cigale. Je termine mes tâches au compte-goutte.Puis après un long stress qui engendre proportionellement  une déception que j’ai de moi-même un regain de vie  ce pointe. Je “close” ma liste en 24h. Passeport…check. Assurance..check. Berlitz…Check. Gugusse inutile…check. Les tâches tombent comme les dents d’un ti-gars de 8 ans.
Le poids du monde vient de quitter mes épaules. Je…suis…prêt. La cigale est prête à  danser. Amène les tes Gringo Smith, ton chinois, tes monstres, tes voyages de bus interminable, tes rats, tes rats et tes rats, tes….heu Il reste combien de dodos?….Shit 3…
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