Il n’y en a pas de problèmes

Chapitre 9 ….

La “gang” du quartier m’a baptisé. On m’appelle Canada. Malgré qu’il y ait des gens partout, je croise toujours les mêmes. Ce qui veux dire que le mec qui est train de jouer à Angry Bird sur mon téléphone m’a sûrement croisé depuis le vol. Il est là à me surveiller. Il se dit “Mon poisson est encore dans le coin. Il est tellement con qu’il doit traîner un Ipad”

Je me demande si tous les cubains qui ont un cousin à Vancouver est finalement le même gars pour tous. Il fait parti d’une immense famille. C’est LE cubain de Vancouver. Si c’est juste un gars, je pars pour Vancouver lui donner une baffe.

– Tant que ton cousin ne m’a pas ramené mon cellulaire je frappe.
– Oui mais je ne sais pas comment le rejoindre Mr. Eltobito
– J’ai son numéro!

Il y a  ce mec sympathique proprio d’une casa particular. J’aurais bien été rester chez-lui mais je ne sais pas trop…les casas ne m’allume pas malgré le fait que je suis sûr que l’expérience serait super enrichissante.  C’est con de ma part. C’est peut-être le fait d’être dans leur intimité qui me dérange. Ou le fait que les édifices semblent sur le point de s’écrouler.

Convaincu que j’étais cubain, le mec de la casa  me jasait cela comme jamais. Ça lui a pris qq  minutes pour comprendre que je n’étais pas un local. Il représente les cubains que j’aurais aimé voir plus souvent.

Ma compréhension est la suivante. Il y a 2 groupes. Il y a les enjôleurs. On les nommes  jineteros selon le Lonely. Ils semblent sans emploi mais te font croire qu’ils ont un métier. Ils  harcèlent les touristes pour ce faire payer des choses. Il y a aussi les cubains qui ont un emploi. Ceux que je vois vraiment travailler. Il y a en des sympathiques et d’autres que tu dois travailler pour leur soutirer un sourire. Ils ont une attitude totalement différente  envers les touristes. Ils font leur petites affaires et je suspecte qu’ils évitent le contact avec les touristes pour ne pas être associé aux jineteros. Théorie de Eltobito probablement mauvaise.

Je m’interroge sur l’honneur cubain. Pourquoi le groupe qui fait sa petite affaire laisse faire les autres qui harcèlent. Pourquoi un groupe observe l’autre sans intervenir. Un moment donné qq doit se lever et dire « Heille ça n’a pas de bon sens. Nos naïfs de clients se font enjôler et nous ne réagissons pas ». Entre le gars qui fait ça petite affaire et celui qui te suis et te gosse pendant 100 mètres lequel tu vas te rappeler le plus à ton retour au Canada ?

D’ailleurs je me demande s’il n’y pas pas des séminaires de jineteros et jineteras. C’est cela! On est dans la basse saison et ils sont en formation. Le meilleure moment pour apprendre avant le gros rush de l’hiver. Je suis un cobaye. Ils pensent tous que je suis là pour les former. J’imagine une de leur séance.

« Ok gang, voici le scénario pour cette année. On a des frères dans le pays de la victime. On a un faux métier et on dit qu’on est en vacance. Tu sers la main de la victime. Si elle t’ignore arrête pas, il va finir par casser »

« Vous les filles. les jineteras, vous avez un enfant. Le père a plein de maîtresse et vous l’avez quitté. Vous avez aussi de la famille dans le pays de la victime  et êtes en vacances.  Faites vous payer de la bière. Votre phrase clé est ‘on a qu’une vie à vivre et demain est un autre jour’. N’oubliez pas, vendre son corps c’est normal. Ya rien là. »

Allez la gang tous en choeur

« No problem, no problem, no problem »

Advertisements