Une fois c’t’un gars…

Chapitre 11…

“Partir en voyage seul je ne le ferais pas.” Ça c’est ce que mon buddy de toujours m’a déjà dit. Il a quand même fait la Californie sur le pouce ce que je ne suis pas certain que j’aurais fait cela.

Voyager seul c’est accepter quelques faits comme:

Risquer de ne pas te faire d’autres amis durant ton voyage et être vraiment seul.

Tu ne peux pas aller te baigner parce qu’il n’y a personne pour surveiller ton stock.

Te retrouver la bouche pâteuse à 4h pm comme si tu venais de te lever parce que tu as parlé à personne.

Avoir personne pour te pousser dans le cul à faire des choses que tu hésites.

Être moins consciencieux sur certaines choses car ça ne concerne que toi.

Risquer d’avoir de longues soirées à te demander quoi faire.

Avoir personne pour s’encourager, pour te challenger, pour se dire « Go on est capable » ou pouvoir prendre des risques encore plus grand.

Voyager seul ça permet de ne pas avoir d’horaire précis. De bloguer sans cesse et être dans ta bulle ce qui serait ennnuyant pour quelqu’un qui t’accompagne.

Voyager seul ça permet de te virer sur un 10 cennes.

Jamais je n’ai eu de misère à me trouver un endroit où me loger et l’idée de me retrouver dans la même situation la semaine suivante me fait chier royalement.

J’avais décidé de rester à La Havane. Premier virage sur un 10 cenne. Il y a tellement de choses à voir et je n’étais même pas embarqué dans le volet culturel. Sans compter la boxe que je voulais voir, p-e du baseball, du cinéma….name it!

Mais, bien que mes chums s’amusent depuis des années à m’appeler l’itinérant, mon futur statut de SDF pour le week-end m’incite à aller voir si je peux changer de vol. J’ai personne pour me brasser, pour me dire « criss de moumoune » ou pour me challenger sur ma décision. J’ai changer mon vol.

L’aspect culturel sera pour une autre voyage. Deuxième virage sur un 10 cenne.

La seule chose culturel que j’ai vu à date c’est de l’humour. Un petit peu con, je m’étais dit que ce serait intéressant de voir ce show d’humour. J’ai même pas pensé que je ne comprendrais rien!

Ça ressemble à quoi un humoriste cubain? À un Claude Blanchard qui parle espagnol. Par contre il faut remplacer le « Badaboum Tchi! » après un gag  par une onomatopée. Un genre de « Balabalaba » enregistrer avec un petit rythme latino entremêlé.

Décidément ce rythme latino est partout. S’ils pouvaient slaquer sur la cloche à vache ce serait bien. Je ne suis pas pro de la musique mais la criss de cloche à vache…me semble qu’elle est de trop.

Je suis retourné au même endroit qq jours après et il y avait encore un show d’humour. Un trio cette fois-ci mais toujours les « balabalaba » après les gags et toujours un canadien qui comprend rien.

Comme c’est un bar dans un hôtel, les gars ont demandé aux gens d’où il venaient. Mexique et PortoRico genre. Les gars ne cessent de faire des farces avec les gens sur leur pays de provenance.

Moi je suis bien caché dans le fond. Je ne veux pas me retrouver sous les feux de la rampe. Ma  phrase est prête « Canada, no hablo espagnol ».

Les gars s’acharnent sur les portoricains devant moi. Je me fais tout petit derrière eux.

Méninge : Comme si c’était pour marcher

Tout à coup je vois 3 doigts qui  pointent. C’est les 3 humoristes. Ils disent une série de mots. Je ne réagit pas. Ils recommencent. Je réalise qu’ils me parlent. Je le regarde en me pointant et je dis « moi? » J’espérais que les doigts pointent les gens devant moi. La nervosité s’empare de moi. Ma phrase est prête, je cris « Canada ».

Il semble troublé. Visiblement ma réponse n’a pas rapport.  Ils me servent un genre de « ouuuuuin okkkkkk… »

Méninge : C’est le temps. Sort le reste…allez!
Eltobito : Eu oui, ok donne moi un décompte
Méninge : Ok a Go! Un…deux…tr…

« NO HABLO ESPAGNOL! »

Ils m’ont ignoré le reste du show…pas  de « BALABALABA » pour moi…

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