Sortir de sa bulle

Dernier chapitre…

À 1h am je devais être à l’aéroport. Mon taxi arrive 45 minutes avant le temps. Je sentais que l’opportunité de faire un transport vers l’aéroport allait en allumer quelques-un. Le gardien m’a trouvé Hector comme chauffeur. Quelques jours auparavant lors de mon déménagement numéro 3 le chauffeur de taxi m’avait avoué qu’il se frottait les mains de m’avoir ramassé. Il croyait que j’allais à l’aéroport.

J’avais mon costume de backpacker sur le dos. Costume que j’avais remis en question. Je commençais à questionner la pertinence d’un sac à dos vu que rarement il est sur mon dos. Le voyage m’a fait mentir. Il a été sur mon dos plus que jamais. J’ai fais un transfert d’hôtel à pied. L’avantage de rues sécuritaires. Je suis parti de chez moi à  pied. J’ai chercher des taxis dans la rue au lieu de l’appeler directement à l’hôtel. Je me vois mal avoir fait cela avec une valise à roulette.

Ça peut donner l’impression que je n’ai pas eu de fun lors de ce voyage et même moi j’avais des doutes.  Mes voyages sont comme une game d’hockey. Je commente plus ou moins en direct. Quand tu écoutes l’analyste d’un match du CH les commentaires ont souvent une couleur. Ça semble être le pire match de l’année et à la fin ils ont gagné. Ou vice versa.

Quelques jours à m’adapter aux Jineteros, une bad luck et peu ou pas de rencontre. Pas un ami FB de plus. Un peu décevant sur ce coté.

Je  savais qu’Hector ne risquerait pas d’être en retard. On part immédiatement. J’ai rien à faire anyway. Mon dernier texte est écrit. J’ai décidé de finir ça avec Lazaro. Le hasard voulait qu’il soit le premier et dernier cubain avec qui j’aurais interagi. Pas d’histoire sur vol de retour. That’s it. Je n’ai plus de jus. Je vais me répéter je suis sûr. Le texte va être plate. Visiblement je ne me suis pas écouté. LÀ c’est le dernier.

Normalement le trajet vers l’aéroport prend 25 minutes. Le chauffeur était tout content de me dire que nous l’avons fait en 15 minutes. Bravo le malade! Le moteur voulait sortir de la Lada! Sortir des taxis cubain est un art. Trouver le morceau de fer qui sert de poignée est un exercice périlleux. Et quand tu le trouves tu dois figurer sur quel sens tirer la patente.

L’attente fut longue pour l’enregistrement. Tu me dis d’être là 3h avant mais toi tu ouvres 1h45 avant! J’ai raté un épisode de Sophie Paquin à cause de cela.

Nous étions 3 dans la file. Je vais pouvoir me coucher dans l’allée pendant le vol! Pas besoin de me demander si j’utilise les trucs de gros ou pas.

J’avais oublié que l’on rejoignais une gang de québécois qui arrivait d’un tout inclus.  Le troupeau arrive. On les voyant, en les entendant, en les écoutant je commence  soudainement à vraiment aimer mon voyage. J’ai réalisé que nous étions pas sur la même page. Eux il voyaient des employés qui dormais dans les kiosques, moi je voyais des employé qui dormait et avaient froid. Eux voyaient que le système de douane cubaine était tout croche moi je voyais le système de douane cubain bien organisé. Eux ils étaient heureux que les gens de leur tout-inclus se forçaient de parler français. Moi je côtoyé des gens persister et m’aider avec mon espagnol. Mon fameux “Caminar solo” que je disais tout en faisant marcher mes doigts dans le vide provoquait toujours un “Ho hablas espanol!”.

Je n’ai pas fait de see-doo, de parachatute ou de kayak de mer. J’ai regardé, jasé et réfléchi. Ça me satisfait. J’en connais un peu plus sur Fidel, Ernesto, Camilo, Jose. Cette photo vu à l’hotel Habana Libre prise par Korda au même endroit il y a 50 ans est fascinante. Fidel et ses comparses sont écrasé dans les divans luxueux de l’hôtel avec leur armes. Le grand-papa de Paris Hilton venait a peine de construire l’hôtel. Les gars sont arrivé et il les ont mis dehors.”Désolée on a décidé de diriger la révolution à partir de hôtel. Go back to Florida.”

J’ai observé comment les cubains vivent sous le régime de Castro. Un gouvernement protège sa révolution et l’autre  tente de récupérer des acquis obtenus par la corruption du régime précédent et d’obtenir des votes de la communauté qui en veulent a Fidel. J’ai vu comment dans se bras de fer une population se débrouille pour contourner les milles et un règlements imposés pour protéger la révolution.

Je me suis dit a certain moment qu’il était temps que j’aille dans un tout-inclus. Quand je suis tombé en contact avec le groupe du tout-inclus je suis sortis de ma bulle et j’ai réalisé que je l’aimais bien cette bulle cubaine. Ce texte a commencé à s’écrire.

1 semaine de baignade pour eux, 10 minutes de pieds dans l’eau pour moi. 1 semaine de brosse pour eux, aucune pour moi.

Ce sont le petits détail d’une scène qui fait que j’aime un film. Quand je me levais le matin et que je descendais au lobby, je saluais le gardien, la fille du desk et la femme de chambre qui chantait toujours. Je sentais qu’ils m’appréciaient. Je voyais une évolution dans notre relation. Pas avec tous mais avec certain oui. Je me plantais debout dans le lobby en conquérant les mains sur les hanches en me disant “A nous deux” ou je mettais mes mains dans le poches laissant entendre ”What’s up!”.

Je suis arrivé à Montréal et “mon” autobus 747 de la STM m’attendait. J’observais les autres touristes qui eux débarquaient à Montréal et je me voyais en eux. Hésitants, un peu nerveux. Pas trop sur de savoir quand débarquer. De mon coté je savais que je débarquais dès le premier arrêt. Je savais où j’allais. Je savais dans combien de temps j’allais être chez moi.

J’arrive au métro Lionel-Groulx. Je remet mon costume de backpacker. J’avais envisager de prendre un taxi mais j’ai décider de terminer comme j’ai commencé et comme j’ai fait la plupart du temps là-bas. Marcher.

J’ai mes 2 sacs et ma mini sacoche de moumoune qui me suis depuis le Pérou en 2005. Dans les mains j’ai une peinture ou l’on voit Ernesto. La dame semblait tellement contente de me la vendre. La surprise dans c’est yeux quand je lui ait dit que je la prend sans négocier. 20$ on s’en fout. Cela va compenser un peu pour tous les CUC que je n’ai pas donné. Tout le lait que je ne suis pas allé acheter et les t-shirt que je n’ai pas donné. Elle m’a rajouté un petit jouet avec cela.

J’arrive au pont de la rue Charlevoix. Je remarque que le canal Lachine est vide. Je vois une image de moi-même qui traverse le pont en costume de backpacker et me dit que j’aurais aimé que quelqu’un puisse prendre la scene en photo. Moi qui traverse le pont. Une photo prise à partir de la passerelle 100 mètres plus loin.

Je suis devant ma porte. Mes clés sont dans ma trousse de poupoune dans le fond du sac. Bravo Eltobito. Un dernière petite erreur sans conséquence. J’espère qu’elles sont vraiment là. Je ne me vois pas arrivé au bureau avec mon stock pour aller chercher mon double. “Hé salut les boys! J’ai perdu mes clés….Daw!”

Pris à défaire mes bagages sur le trottoir, je sors la trousse de peine et de misère. Je l’ouvre pour prendre mes clés. L’odeur de La Havane était emprisonné  dans ma trousse. Elle a pris le temps de taquiner mon odorat et  elle s’est dispersé dans la pointe St-Charles…127.0.0.1

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