Mes frères de NOLA

Première journée complète à NOLA (New Orleans, Louisiana). Je voyage avec 2 cellulaires. Mon cell canadien et mon cell américain. Le téléphone américain  est désactivé et  j’essaie de le réactivé depuis Las Vegas en avril. Pas moyen de trouvé de maudit T-Mobile  qui pourtant à Boston me courrait après. À Las Vegas on m’avait servi un « C’est quoi ça un T-Mobile? » Voyons donc!! C’est comme si tu ne connaissait pas Bell au Canada. On ajoute a mes 2 cellulaires un iPad et un reflex. Dire qu’en 2007 j’avais aucun appareil électronique a l’exception d’un appareil photo. 7 ans…

Ma quête infructueuse de cellulaire à la carte se poursuivant, je décide d’aller dans un resto au hasard. Je suis dans un coin pas très dense coté restaurant et je me retrouve dans un resto spécialisé en burger. Je voulais  un déjeuner mais bon, nous sommes au USA. L’aspect dégagé du restaurant et les peintures sur les murs de briques m’ont charmé. En fait j’ai remarqué que bien des endroits exposent des oeuvres vraiment cool qui donne le goût de partir avec.

C’est un genre de « build your own burger ». À ma gauche j’ai 2 hommes, à ma droite un couple et devant moi 2 femmes.

Mon serveur arrive. Un black d’un certain âge. « Tu es seul brother? ». Oui je suis seul. J’ai fait un ici et maintenant. « Tu veux quoi pour boire? ». Je demande de l’eau. « OK brother, je reviens dans pas long. » Le « brother » utilisé à tour de bras est intriguant. Peut-être que nous, clients, sommes tous ses « brother ».

Je l’observe. Les clients autour de moi sont de race blanche. Le serveur parle aux gars à ma droite…pas de brother. Il revient à moi et me demande « remplissage d’eau big brother? ». Big brother? Je viens d’avoir une promotion ou quoi?

Je continue de l’observer. Les « sir »  et autres termes formel tombent pour les autres mais personne ne reçoit de bro, brother ou big brother comme moi. Je suis privilégié. Au Québec je reçois des « bien non tu es pas noir » comme pour me réconforter. Ouf merci! Mais ça je le savais déjà. Pour mon serveur lui c’est clair…I’m a brother!

Je reçois mon burger avec un immense couteau à steak planté dedans…Hey bro! Il sert à quoi le couteau? Je n’ai pas osé lui demander de peur qu’il me fasse basculer sur le côté des blancs.

Je retourne à l’hôtel pour me préparé à attaquer Frenchmen Street. Je croise le genre de valet de l’hôtel. Il m’interpelle. « Ça va bro? ». Décidément. Euh yeah motherfucker? Suis pas trop familier avec le négrage.

On m’a conseillé d’aller sur Frenchman Street. Moins touristique. J’analyse la carte du French Quarter sommairement et je me dis que je vais passer par Bourbon Street. Ma technique d’orientation « Analyse, observation, feeling » devrait faire le travail pour me rendre à bon port.

J’arrive sur Bourbon Street. Premiers constats.  Bar de danseuses en partant et rue piétonnière. Est-elle toujours piétonnière? Je ne sais pas mais elle l’est pour ce week-end. Je passe devant un Hard Rock Café. J’ai comme un rituel quand je vais dans une ville qui a un Hard Rock Café…j’y vais.

Je m’installe au bar et réalise que le son ambiant est le match de football des Saints. Aller au HRC sans musique reviens à aller dans un resto overprice avec un menu ordinaire. J’irais demain. De retour sur Bourbon Street. Dix pas et je tombe sur bar avec un taureau mécanique.  Un groupe de 5 filles encouragent leur amie qui est sur le taureau…et 60 taureaux lui observe les fesses. Moi inclus. 

Les édifices sont fait de façon à ce que en entrant tu es dans l’action. Pas d’escalier, pas de vestibule, pas de corridor. Direct au but. Bon moyen de butiner d’un établissement à l’autre.

Avant de commencer à butiner.  je dois trouver une place pour manger. Je vois un truc italien. J’entre. C’est comme si j’étais en isolement. Le resto est dans le fond, il n’y a que quelques clients alors que c’est la cohu dehors. L’ambiance de la rue est inaudible et du Duran Duran joue à la radio. Le calme avant la tempête?

Je mange ma lasagne et bois mes 5 verres d’eau. En quittant le resto je passe à côté d’un couple de black. Le gars me regarde et  me tend le poing. Je lui tend le mien et on se fait un « fist bump ». J’attendais un « Yo bro » mais il n’est jamais venu.

Opération music  on  Frenchman Street via Bourbon Street is on the way…

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