Le bayou

Détruit par la fin du show que je venais de voir au bar de je ne sais quel nom fais par un groupe que je ne reverrais jamais, l’heure de retourner à l’hôtel était venu. Je marche sur Frenchman street. Tiens voilà le D.B.A. L’endroit que je voulais voir à l’origine. Too bad. Je reviendrais demain…si je trouve mon chemin.

Je localise également les endroits qui seront intéressants à voir. Je croise la rue Royal. Vaguement je me rapelle que dans mon analyse la rue fait parti du quartier français. Je la prend vers la droite. Je longe un parc. Analyse : me semble que je n’ai pas longer de parc en m’en venant. Bah! C’est la rue Royal, c’est sûr que suis en route vers l’hôtel. J’arrive au bout du parc. Je vois une rue assez passante mais elle me dit rien du tout. Observation : Au loin ce n’est pas du tout animé. Ça sent la petite rue déserte à plein nez. Feeling : Ya quelque chose qui cloche.

Je fais marche arrière. Option taxi. Un homme tout habillé de blanc avec un turban me fait monter à bord. Il a l’air tellement heureux….moi aussi! Nous partons. Nous partons mais aucunement vers la direction que je m’attendais. Les sens uniques n’aident pas. Je suis tout mélangé. Finalement au bout de quelques minutes je commence à reconnaître les lieux. Vers où j’étais en train de me diriger moi?

J’arrive à mon hôtel. Je paye, sors de l’auto, me fait dire « Hi » par une prostitué et entre dans l’hôtel. Humilié par l’échec de mon « Analyse, observation, feeling », je saute sur mon IPad pour voir où j’étais en train de m’en aller. Ho mon dieu! Je me dirigeais complètement à l’opposé de ce que je pensais. Oui la rue Royal était une bonne option sauf que…Sauf que j’ai été berné par le ‘S’ du Mississippi qui change le configuration des rues. La barmaid m’avait expliqué un peu la problématique à mon arrivée. Les rues ne sont pas droites comme a Montréal. Certaines cassent. Elle font comme un ‘>’.

Le lendemain je m’organise une visite dans le bayou. J’ai le goût de voir des animaux. Genre des crocodiles et des tortues. Ça coute cher mais au diable la dépense.

Je suis équipé de mon appareil photo. J’en ai pas fait encore à part des photos de cellulaire flous et  sous-exposé. Nous arrivons au point de départ. Je suis avec un couple de la Californie et une famille de l’Alabama. Les québécois francophones sont complètement absent ici. Habituellement tu en croises toujours quelques-uns quand tu voyages. Trois mots captés à la volée et on se reconnais instantanément entre nous. Ici, rien. Je suis le seul. Bonne affaire.

Nous attendons les aéroglisseurs. Pas un aéroglisseur comme dans la bédé les « 4 as » mais plutôt un air boat comme dans James Bond.  D’ailleurs ce film de James Bond fut mon premier contact avec NOLA quand j’étais petit. La fameuse scène des funérailles qui se transforme en party.

Notre attention est dirigé vers le toit de l’abris où nous attendons les bateaux. 1, 2, 3, 4 araignés géantes. Tranquillement elles tissent leurs toiles pour ainsi préparer leur repas de la soirée. Tel un cow boy dans un duel je dégaine mes 2 appareils. Le Canon pour « l’art » et le cellulaire pour instagram.

Notre bateau arrive. En partant le gars nous dit : « En passant je me fais ramasser sur trip advisor ». Ça commence bien. On part à la recherche d’alligator. C’est un vrai labyrinthe ces ruisseaux. Si le gars à un malaise, nous sommes aucunement en mesure de revenir au point de départ par nous-même. « Analyse, observation et feeling » ça ne marche pas dans ce bayou.

Si on fait abstraction de la couleur de l’eau, la nature est belle. Des arbres poussent dans l’eau. Les racines de cyprès poussent vers le bas et vers le haut en dehors de la terre. Des nénuphars géants, du foins, une pelle mécanique et des poteaux électriques. Pas tant dans le bois que ça finalement.

On croise un autre bateau. Les 2 chauffeurs se mettent à discuté en cajun ou créole Louisianais. Pas moyen de comprendre un mot. Plus tard la dame de l’Alabama demande à notre chauffeur de quoi ils parlaient. « Ha on bichais sur un autre gars de la compagnie »…Vie de bureau.

On croise un alligator. Un gros. Un gros qui est accroc aux guimauves. Les friandises l’attire vers nous. Comment un alligator peut être friand de quelque chose d’aussi chimique que des guimauves? Il en a jamais vu de sa vie et personne lui a dit que c’est mangeable. De millions d’année d’évolution, survivant des dinosaures, une génétique parfaite et tu te fait bernée par des guimauve Kraft! Bravo! C’est comme le dorée qui mord aux vers de terre. Ça existe même pas dans leur univers, mangez pas ça. Dis toi doré qu’il y a une arnaque derrière ça.

« Bah oui, bah oui. Allo mon gros. Il est gentil le croco. Bah oui. Dis allo a papa, allez dit allo à papa »

« Il veut des guimauves le croco. Bah oui il est gentil »

Ça c’est ce que le conducteur du bateau dit a l’alligator en le flattant sur la tête….le MALADE. Il flatte l’alligator. Il est a 3 centimètres du bateau. Ouvre sa gueule et gobe les guimauves. Dès qu’il semble s’éloigner, le guide lance d’autres guimauves juste à côté de nous.

Le bateau n’a pas de rebord. Lâche le maudit alligator. Pas sûr que j’ai le goût qu’il décide de venir chercher le sac au complet. Et comme j’ai dit, s’il te rammase le bras et te tire dans l’eau on fait quoi nous dans ce labyrinthe aquatique?

Après environ 25 guimauves, nous repartons. Des caches oreilles nous sont fournis pour attenué le bruit du moteur. Cache oreilles que je ne porte pas. J’aurais préféré des lunettes pour me protéger de la dizaine de mouches qui ce sont effoiré dans ma face.

Quand nous navigons le vent nous tiens au frais. Mais quand nous sommes arrêté le soleil frappe vraiment fort. Allez le cajun, fait le vite ton speech éducatif. On crève ici d’dans. Évidemment,  il y a la bonne femme de l’Alabama qui trouve toujours le moyen de retardé le départ avec des commentaires inutiles. Fait chaud madame, la ferme! Le ciel est menaçant. Il y a eu une constante ici depuis mon arrivée. Il pleut 10-15 minutes en fin d’après-midi.

On repart. Yéé du vent! Nous entrons dans le bois. Ça va vraiment partout ses bateaux. Encore un peu d’éducation. À chaque fois que le guide nous éduque, il vient en avant pour discuter. Les sièges prennent presque toute la largeur du bateau et il ne reste qu’une légère bordure pour passer de l’arrière à l’avant. Tu vas tombé man. C’est plein d’alligator. Je veux pas passer la nuit dans le bayou à attendre qu’on nous retrouve. Entéka si le guide tombe moi je lance le sac de guimauve avec lui. Au cas où croco ai de mauvaises idées.

Le côté éducatif continu. La bonne femme de l’Alabama continu à ajouter son grain de sel…On crêve de chaleur, ta gueule! La pluie sera là bientôt. Je nous vois pas en air boat dans l’orage. En plus j’ai full électronique sur moi.

Le guide dit « Ouais faudrait bien y aller, le ciel est gris ». Alabama girl relance la discution. Le moteur du bateau fais trop de bruit. Tant que tu vas parler il ne partiras pas le moteur…étape importante pour DÉCALISSÉ!

Le guide me regarde et me demande « Toi tu dit rien? T’es silencieux. Pas de questions? ». Oui j’en ai plein de questions du genre « as-tu déjà tombé dans l’eau » mais là le soleil tape comme jamais et des éclairs sont en route. Je sais quand ne pas relancer une conversation. Je lui répond « Non tout est beau » Le tour se termine juste avant la pluie non sans avoir passer par-dessus quelques mini alligators.

De retour en ville, le trottoir débordait de gens habillé en rouge….les participants de la course des robes rouges ont envahis le quartier français…

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