Regarder défiler l’Amérique

La parti nord de mon « T » de l’Amérique à été faites en autostop et en bateau. Pour ce qui est des parties de l’axe nord-sud, je les ai parcouru en bus dans des conditions assez rocambolesque parfois. Motivé à mettre de la variété, j’ai décidé de faire le trajet NOLA-Memphis en train. Un trajet qui a une durée prévue de 8h. 60$ une vrai aubaine.

Le train traverse l’état du Mississippi. Il passe par la ville de Jackson. Ville dont j’aurais voulu faire un arrêt mais le temps me manque. Je me suis donc contenté d’avoir en tête la chanson « Jackson » durant plusieurs jours avant le départ. C’est un duo de Johnny Cash et June Carter. Disons que June éclipse le Men in black là-dessus. En fait, elle éclipse probablement n’importe qui. Haaaa June!

Je m’installe dans le train. Yeah! Spacieux. Je ne passerais pas mon 8h tassé comme une sardine. Un homme s’assoie à coté de moi. Sa destination finale est Chicago. 19h de train pour lui. Train confortable mais sans WIFI. J’avais quand même prévue le coup. J’ai quelques films sur ma tablette et des textes à écrire.

Depuis que je suis dans le train j’entends parlé d’un wagon vitré. Ce n’est pas trop claire cette histoire. De toute façon je suis plus intéressé à écrire qu’à me promener dans le train à essayer de comprendre c’est quoi cette histoire de wagon vitré.

Nous partons. Cinq minutes après le départ mon voisin dort déjà malgré que nous soyons en début d’après midi. Dommage pour lui. Il rate la vue du pont du lac Pontchartrain. Un pont de 38km…Ca c’est Val-d’Or – Louvicourt!

Après quelques paragraphes d’écris, je remarque qu’il y a beaucoup de gens qui ne sont pas assis à leur banc. Ils sont où? Je décide de les rechercher et par la même occasion, voir c’est quoi cette histoire de wagon vitré. Je m’assure que je porte mes chaussures. Aux paquets de messages qui avertissent qu’il est obligatoire de porter des chaussures pour circuler dans les wagons, je suis mieux de ne pas faire d’erreur sinon ils vont me garocher dans le fleuve Mississippi en représailles.

Je traverse deux wagons et j’arrive à ce fameux wagon vitré. Il y a des tables, des gens boivent de la bière et d’autres jouent aux cartes. Des sièges font face à de grandes fenêtres qui se prolongent jusqu’au plafond. Je décide de quitter mon siège assigné et de m’installer dans ce wagon. Je vais regarder défiler l’Amérique devant moi.

Je m’apprête à voir l’état du Mississipi et une parti du Tennessee. La Louisiane est derrière nous. Le train fait plusieurs arrêts. Brookhaven, McCombs, Hazelhurst, etc. Des villages avec des édifices typiques des boom town et des maisons de type shotgun. Régulièrement nous croissons des maisons laissées à l’abandon ou presque. Ironiquement, les voitures stationnées à ces maisons semblent mieux entretenues. Entre les villages nous traversons à l’occasion des champs ou des bayous. J’ai vérifié pour une affiche « Amérique profonde » mais je n’ai rien vu.

J’avais réussis à me débarrasser de mon vers d’oreille quand arrivons à Jackson. Et c’est reparti dans ma tête « I’m goin’ to Jackson, I’m gonna mess around » entrecoupé de quelques « gnan gnan gnan rawrawraw ». Ouais je ne connais pas trop les paroles.

Nous arrivons à Greenwood, Mississipi. L‘arrêt est plus long que d’habitude. Je vois trois policiers se diriger vers la file d’attente des nouveaux passagers qui veulent monter dans le train. Dix minutes plus tard je vois passer les mêmes policiers avec un homme menottes aux poings. Selon la rumeur du wagon c’était un passager plutôt calme. Il ne pourra pas profiter du ciel rouge que je vois durant le trajet.

Il fait noir maintenant. Je ne vois plus l’Amérique défilé devant moi mais plutôt mon reflet dans la fenêtre. Wow magnifique.

Mon voisin de gauche a décidé de mettre de l’ambiance dans le wagon. Son iPod est branché sur un hautparleur. Personne ne semblent importuné. Il faut avouer que le choix musical est bon. Je demande à une employée combien de temps il reste avant Memphis. C’est aussi un moyen de m’assuré que je ne suis pas tout mélangé et que j’aurais dû sortir à une station quelconque. J’ai comme eu un doute un moment donnée. Des fois quand tu penses trop…

J’arrive à Memphis. Il est 22h15. Je m’attendais à une grande gare animée…je vois plutôt une petite gare déserte. Encore le doute qui s’installe. Je demande à un autre employé « Memphis? ». « Yep! ». Je sors. Je demande à un employé « On prends les bagages où? ». « Là-bas ». Ce n’est pas très orthodoxe comme fonctionnement. Je longe le train. Mieux vaut de sécuriser l’information. À chaque employés que je croise je demande « Bagages? » et ils me répondent « Là-bas ». J’ai croisé 3 employés…Je me tape sur les nerfs.

J’arrive là-bas. Les bagages ne sont pas encore là. Un chauffeur de taxi s’approche et me demande « Need a ride ? ». J’ai comme réflexe de lui dire non. Les bagages ne sont pas encore distribués on verra après. Mais je réalise du coup que si je lui dis « Go to hell! » ou quelque choses de plus poli, il risque de quitter ainsi que ses amis taxi. Je risque de me retrouver seul, dans cette gare déserte, proie facile pour les zombies…Je sécurise mon transport sur le champ. Il me demande « Tu vas où ?»…Euh là-bas?

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