Rock and roll

Elle était là. Prête à être entendu à travers les USA. Prête à être enregistrée et distribuée. Cette musique connu en Louisiane, au Mississipi, au Tennessee. Elle se faisait entendre dans des cercles fermés. Ces blancs qui écoutaient la musique venant de cette radio qui osait diffuser de la musique de noir ont commencé à faire un mélange de genre. Plus de ségrégation. La clique du country de Nashville voulais rien savoir et dès qu’un blanc « bluesait » un peu trop il se faisait dire… « Get out of here with your black music! ». Ce qu’ils ne savaient pas c’est que le gospel, le jazz et le blues, dont B.B King résident de Memphis en était le digne représentant, seront le catalyseur de la création du rock and roll. La jeunesse était prête à entendre ce nouveau genre. C’est la compréhension que j’ai de la naissance du rock and roll suite à ma visite du studio Sun Record.

Le King et les bienfaits de la cigarette

Un jeune adulte ou vieille ado décida d’aller à ce petit studio qui d’offrait des services d’enregistrement à 4$. Le Memphis Recording Service. Le jeune enregistre ses 2 chansons en l’absence du boss Sam Philips. La secrétaire laisse une note à Sam. « Il a l’air pas pire ». Plus tard le boss Sam écoute et dit « Bof ». Un an plus tard Sam rappelle ce jeune pour une session avec 2 autres gars. C’est ta chance man!…Les 2 autres gars le trouve moyen. Ça ne marche pas. Sam sort prendre de l’air et fumer une cigarette le temps que les gars emballent leurs instruments. Durant ce temps, le jeune voulant profiter des dernières minutes de sa présence au studio joue une chanson blues à sa façon. Les 2 autres le suivent. Sam revient « Hey c’est quoi que tu jouais? Refait dont ça voir ». Il enregistre « That’s All Right ». Le rock and roll venait de trouver son roi.

Soixante ans plus tard je me retrouve à Graceland. On me fournit un Ipad, que je me mets dans le cou. Je choisis une langue parmi la douzaine disponible. Je monte dans la navette qui transporte des visiteurs à tous le 10 minutes. Je parcours le domicile fixé dans le temps.

Chez mes parents on a ce chalet que nous appelons la maison des trophées. Il y en a une aussi à Graceland. Disons que celle du King est pas mal plus impressionnante.

L’inconnu et le sac à patate

L’inconnu un jour entend le King à la radio. Normal, la première fois que « That’s All Right » joue a la radio le DJ la fait jouer plus de 10 fois en 3 heures. Ouais dans ce temps là ça ne se faisait pas. L’inconnu se dit « Il chante comme moi ». L’inconnu met le cap sur Memphis et arrive au Memphis Recording Service / Sun Record. Le roi venait de faire le plein d’un disciple. Sam en difficulté financière décide de vendre le King et de miser sur l’inconnu.

Soixante ans plus tard je suis debout dans le studio à me demander c ‘est qui ce gars qui chante la toune du King « Blue Suede Shoes ». On m’apprend que c’est plutôt le contraire et que la version de l’inconnue, l’originale, a eu plus de succès. Le nouveau label du King a eu des doutes à savoir s’ils avaient misé sur le bon poulain. « Blue Suede Shoes » écrite sur le papier d’un sac à patate sera le plus grands succès de l’inconnu. L’inconnu n’aura pas la carrière du King mais aura toujours le respect de se dernier ainsi que le respect de nombreux autres artistes dont les Beatles qui ont repris plusieurs de ses chansons.

Le Man in black et le billet d’un dollar

Installé à Memphis ce vendeur décide lui aussi d’aller tenter sa chance chez Sun Record. Fuck la carrière d’animateur de radio. Il s’habille propre c’est à dire il met sont habit noir qu’il met quand il va à l’église. Il va au studio qui n’est pas encore ouvert. Il s’assoit sur le porche et attends. Il présente à Sam du gospel. Le problème c’est que Sam ne fait plus dans le gospel. L’homme en noir lui présente donc de ces propres composition.

Les palmarès ne savait plus ou donner de la tête. Les chansons apparaissaient dans les tops 10 des palmarès country, pop, blues. Comme le dit sa chanson : « I’ve been everywhere ».Je n’ai peut-être pas visité autant de ville que l’homme en noir mais j’ai quand même fait ma part.

Soixante ans plus tard je suis dans ce studio qui est l’équivalent musical de nos start-up technologique. Une startup qui innove et qui est plus intéressé à faire connaitre la musique qu’à faire parti des grandes ligues.

Une start-up qui n’est pas intéressé par la perfection sonore mais plutôt par l’énergie crue. Lors d’une session, l’homme en noir propose à Sam de jouer de la guitare avec un billet de banque enroulé autour du manche. « J ‘aime l’effet, Go »

Le Killer pas tuable

C’est quoi ce piano que l’on entends sur ces tubes de rockabilly. C’est celui du Killer. Parti de sa Louisiane native il converge vers Sun Record pour auditionné. On l’engage pour l’enregistrement de sessions avec d’autres artistes et il se prépare à une carrière solo.

Soixante ans plus tard il est toujours vivant en musique et physiquement. Le Killer a son propre bar sur Beale Street. Je me retrouve sur YouTube , une ancienne start-up, à chercher pourquoi il s’est fait virer de l’église où il jouait. Sa soeur le démontre musicalement. Pourquoi on dit que sa musique est encore plus démoniaque que celle du King? Pourquoi la génération précédente averti ces enfants de ne pas écouter sa musique. J’ai vu, j’ai compris. Ça fait peur encore!

J’allais à Memphis pour Graceland mais c’est Sun Studio qui m’a marqué.

Un jour il y a soixante ans Sam travail dans son studio. Un jour ordinaire. Il y a plein de gens. Durant la séance Sam réalise qu’il a devant lui Elvis, Johnny, Carl et Jerry en train d’improviser autour du piano. Une gang de recrue de la musique qui prendra 3 ans pour devenir des vedettes solo. Sam en bon ingénieur de son a eu le réflexe de « peser sur record » et en bon homme d’affaire d’appeler un journaliste pour croqué cela sur le vif.

Photo historique et étrange. De futur légende qui n’occupent pas les bons rôles. Photo où l’homme en noir n’est pas en noir, où le Killer n’est pas au piano, où le King semble être le valet et où l’inconnu a des airs de leader.

….Ils ont appelé ça le Million Dollar Quartet…..un million? Que de naïveté.

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