Être le maître des lieux

Le maitre des lieux Chili 2005

Il y a de ces endroits où pour un moment tu te sens le souverain de la place. Pas parce que tu es plus intelligent que les autres mais plutôt parce que tu te retrouves physiquement dans une position dominante. Par exemple les toilettes de l’ONF.

Cette toilette où il y a un seul urinoir. C’est un urinoir à l’ancienne c’est à dire de la céramique de haut en bas au lieu d’un petit récipient qui est la norme maintenant. L’urinoir est surélevé et par conséquent en l’escaladent pour faire ta besogne tu as soudainement ce sentiment de supériorité vis à vis le reste de la terre. Particulièrement face à tes collègues qui doivent utiliser les cabines. Tu as le goût de leur dire en tenant solidement ton engin etbrandissant le poing dans les airs « Prosternez-vous devant moi, je suis le Seigneur de l’ONF.  »

30 seconde plus tard tu es de retour sur terre devant le distributeur à essuie-main…tu croises ton collègue en sortant

-Hey
-Hey

Le salaud, il sera le prochain maître des lieux.

En quittant pour l’aéroport, je me suis retrouver dans une positition où je me suis senti le maître du bus. Contrains à faire le trajet debout, je me dirigea complètement dans le fond. Tel un habitué du bus 747 je me met face vers l’avan et j’empoigne les barre de chaque coté de la rang et je me dis « Vous vous croyez smatte avec vos siège. Regardez moi je suis le maitre du bus. » J’ai l’air de la statue de Rocky avec les bras en l’air triomphant. Je bloque la rangé. Si quelqu’un veux passer il devra me demander la permission. Cette section du bus est surélevé et la seule autre personne debout est un homme de petite taille n’ayant pas la position triomphale que j’occupe. C’est clair. C’est moi le maître du bus.

J’écoute les conversations de mes sujets. En fait personne ne parle sauf ces 3 français derrière moi… »Lyon, putain, NY, putain, Paris, putain, Osheaga, putain »

Quand tu es physiquement dans cette position debout et plus haut que les fenêtres tu ignores où tu en es sur ton trajet. Tu ne vois pas la route. Ça me rappelle ce bus de fortune au Pérou où j’étais dans la même position. À un moment donné j’ai décidé de me penché pour voir où nous étions(comme si cela m’aurais vraiment informé) rendu. Nous étions vis à vis le village mais il était genre 500 mètre plus bas. Vertige…..Parfois c’est une bonne affaire de rien voir.

Le bus arrive à l’aéroport. Le maître du bus sort. Ça fait mal. Le chute est abrute…Personne est maître de l’aéroport.

Tu suis une infinité de ruban pour gérer la file. Tu les suis fidèlement en zigzag même s’il n’y a pas un chat. Tu fournis encore et encore la même info à la borne du transporteur, sur le papier de douane et sur la borne des douanes.

– Vous allez demeurer où à Denver?

Je l’ai écrit 22 fois au cours des 40 dernière minutes monsieur. C’est pas écrit sur votre machine? Si au moins il demandait des questions qui n’ont pas été demandé. Mais tu ne dis rien et répond avec le sourire (mais pas trop), ce n’ est plus toi le maître de la place, personne le sera même tu si grimpes sur un petit banc.

Me voilà à ma porte d’embarquement. Un belle session de boite à sardine m’attends….

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