Imaginer sa mort

Oui c’est chaotique, chiant, stressant, long, interminable mais…j’aime chiller dans les aéroports. Là où le chaos côtoient la sérénité. Ce moment où tu te retrouver dans l’œil de la tempête. Les gens qui sont sagement assis à leur porte d’embarquement. Ça lit, ça jase, ça MacBook, ça blogue ou ça fait rien. Il y a un silence qui n’existe pas ailleurs. Ce n’est pas un silence lourd de salle d’urgence ni un silence fake de bibliothèque. C’est un silence unique. Difficile à cerner.

De l’autre coté de l’oeil de la tempête, il y a l’avion. De..la..merde.

Tu es tout pogné dans ton banc et tu peux te crasher sans chance de s’en sortir. On sait tous que ça se passe au décollage et à l’atterrissage. Pour cette raison j’imagine souvent ma mort quand je suis sur le tarmac. Mourrir tassé comme une sardine…super.

Le YUL – EWR est chanceux pour moi. J’ai une enfant comme voisin de banc. Mes jambes et épaules vont pouvoir récupérer l’espace qu’elle n’occupe pas. Une heure et des poussières un peu moins sardine.

L’avion commence son trajet sur la piste. J’écoute la musique de mon Ipod. Ouais il semble qu’on peux maintenant. J’ai toujours le réflexe de fermer les yeux. Comme pour éviter de voir ma mort en face durant ces interminables minutes.

Chaque son est suspect, chaque micro mouvements de l’avion me donne des spasmes, chaque odeur que ce soit une odeur inconnue, du Chanel ou la fragrance de Britney Spears est louche. Tout me rapproche de cette mort qui m’attends.

Les masques d’oxygène vont tomber. J’ai une enfant à côté de moi. Je suis un obstacle entre elle et sa mère. Je fais un contact visuel. « Occupe toi du garçon, je m’occupe d’elle ». Pas de négociation possible l’avion pique du nez. Je met le masque en premier avant d’aider la petite comme le disent les consignes de sécurité.

Quand est-ce que je vais mourrir et comment? Par des débris qui vont m’arracher la tête ou me transpercer le corps? Par le froid éolien. Tout ce vent qui nous fracasse la peau durant la chute libre. Combien de temps vais-je tombé avant de m’évanouir? Je veux que ça se fasse vite.

Je regarde la mère à côté de moi qui va mourrir aussi sans pouvoir avoir accès à sa fille. Nous sommes attaché et se détacher la séparera encore plus d’elle. Tout ce que je peux faire c’est d’étendre les bras afin que je serve de courrois de transmission. La mére touche ma main et moi je touche la main de sa fille. C’est le dernier contact qu’elles auront ensemble.

Je me retrouve soudainement à Val-d’Or. À l’Église Saint-sauveur. Pas eu le temps de me apostasié. L’endoctrinement a commencé ici et il finit ici.  Je vois mes chums. Je vois aussi mes chums de Montréal. Mes 2 mondes se rencontre pour une dernière fois et pour certain un première fois. Je m’épargne d’imaginer comment va ma famille. Il y a plein de gens que je ne me m’attendais pas à voir. J’étais pourtant convaincu que lui se sacrait de moi.

Quelqu’un a réussis à hacker mon compte WordPress et à publier le brouillon le plus récent. Ce sera mes dernières paroles officielles. J’espère juste que ladernière  phrase n’est  pas quelque chose comme « J’ai les bobettes pris dans crac ».

J’ouvre les yeux. L’avion a terminé sa poussée. Tout est stable. La petite se lève pour aller aux toilettes. J’en profite pour faire une permutation de position. La famille est réunis. Si on crash à l’atterrissage ils seront ensembles. Reste à changer le scénario de ma mort. Dommage, j’étais un héros dans celui-là.

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