Retouner dans l’espace publique

Je suis à bout. J’ai atteint mon quota de route. J’ai vraiment hâte de ramener ma voiture à la compagnie de location. J’avais eu l’idée de « génie » d’aller à Colorado Spring au sud de Denver au lieu de terminer cela à Denver. J’avais comme plan d’explorer les alentours de Denver pour les deux dernières de journée de ma période de location. Mais là c’est non!

Je me stationne à Colorado Spring et le lendemain je retourne à Denver et je vais rendre l’auto une journée à l’avance. Je veux redevenir piéton. Je veux prendre des taxis. Je veux prendre de la bière sans calculer combien j’ai le droit. À date le calcul à été assez simple : une, au rodéo.

Avant tout cela, je dois passer au travers de Denver. Je n’avais pas dit que le trafic de Denver était de la petite bière? Je retire mes paroles. C’est peut-être la fatigue. Je suis sur une autoroute à 5 voies, ça roule à 130, ça te colle dans le derrière. Maman suis tanné!!! Veux arriver. Le pire c’est que pendant cette portion je pète ma bulle de retour à Denver tranquille. Je vais devoir refaire cette portion le lendemain. C’est juste 1h mais bon, suis tanné.

Je suis au dernier de mes post-it de navigation. Sur le post-it il est écrit le numéro de la sortie : 142. Je suis à la 180. Sortez-moi d’ici. Je regarde les sorties s’envoler une par une. C’est long. 157, 156, 155. Chaque numéro de sortie correspond à un mille. J’ai épuisé mes playlists il y a longtemps et je me tape des stations de radio country. Rien pour rendre le temps moins long.

J’arrive finalement à ma sortie. L’hôtel est visible de l’autoroute. Je me retrouve dans un stationnement étrange où tu dois payer ton droit en pliant tes dollars, les insérer dans la crac approprié et les pousser avec un objet quelconque. Je ne suis pas trop convaincu du processus sans compter que ce stationnement est plutôt désert. J’ai soudain une petite frayeur de me séparer de ma voiture et de la laisser dans un stationnement weird et loin de l’hôtel. Nous avons quand même vécue une belle histoire ensemble. Il me reste moins de 24h avec elle, elle est en ordre, je ne veux que cela finisse en queue de poisson.

Je fais mon checkin à l’hôtel et je ne peux oublier que ma voiture est là-bas seule abandonné. Je me ravisse et décide de payer l’extra pour la mettre dans le stationnement de l’hôtel. Le gars du desk a pitié de moi et m’accorde l’accès gratuitement.

Excellent tout est sous contrôle. Me reste un trajet de une heure pour le retour à Denver. Je suis dans le centre-ville de Colorado Spring accessible par la marche, lire il y a une concentration de resto et commerce pas une affaire à la Boulevard Maloney ou Taschereau. Malheureusement il est tard, lire 22 heures et il n’y a pas grand chose d’ouvert à part ce pub irlandais où il semble y avoir de l’action. J’ai faim et soif. Je décide d’y faire un arrêt. On m’amène dans le fond du bar là où le party semble être prit. En fait je suis dans une soirée karaoké.

Je suis assis à regarder tout les gens performer et me dis que je serais aussi poche qu’eux. Les gens sont là en petit groupe. Il n’y a que moi qui suis seul en loser. J’ai fais 1700 milles, j’ai éviter des accidents, j’ai brailler pour rien, je suis en huis clos depuis quelques jours, il est temps de faire quelque chose de grandiose. De retourner dans l’espace publique. Je décide de m’inscrire au karaoké.

Après plusieurs hésitations je décide de choisir « Love me two times » des Doors. J’écris mon nom sur la liste. 3 quatre personnes passent avant moi puis j’entends un « Who is Tobie? »…Lire « C’est qui ce gars pas rapport sur notre liste ». Je lève la main gêné et au même moment une fille que j’assume faire parti du staff me pointe du doigt. Elle me prend en pitié en me faisant un pouce en l’air. Le gars me dit : « You are next »

Je me prépare en lisant les paroles sur le net en attendant. Bien que je sois allé dans le facile, il y a une partie des paroles que je ne reconnais pas trop et ne suis pas sûr de comment cela va sortir. « Tobie, Your turn ». J’avance vers la scène hésitant. Aussi hésitant que les applaudissement des gens présent. Le gars démarre la chanson. Fuck ce n’est pas la bonne. Il a mis « Love Her Madly ». Évidemment je suis le seul à qui cela arrive. Le « DJ » corrige son erreur. Je niaise donc sur le stage le temps qu’il ajuste ses patentes. »Héééééééé euhhhh allo ». Ça semble interminable.

Bon c’est prêt. Je fais une belle session de démolition. Quand j’arrive aux couplets où je ne reconnais pas trop les paroles c’est sûr que les spectateurs ne reconnaissant pas plus la l’air de la chanson. Ca sort tout croche. Mais quand je suis dans les sections que je connais bien, LÀ je me donne à souhait.

Je termine ma pénible performance. Les applaudissements sont encore plus hésitants. La fille du pouce en l’air m’en sert un autre. Je dois vraiment lui faire pitié. Je me dis que ce n’est pas si pire si je me compare au mec qui est allé chanter trois fois et que seul sa blonde applaudissait. Lui aussi a reçu de la pitié. Je retourne à ma place et y reste 15 minutes feignant que les autres m’intéresse. Mon défi du jour improvisé est atteint, je peux rentré à Denver.

Advertisements