Ces femmes qui me rassurent

Me mettre en situation où faire 14 décollages et atterrissages est vraiment la preuve que je suis con un ti-peu. C’est quoi l’idée de chercher l’extraordinaire là? Moi qui à chacun de ces évènements je m’imagine que je vais mourrir. Je commence à croire que je suis un sado-maso mais sans orgasme. Ce qui fait de moi un double sado-maso, ce qui fait de moi un quadruple, etc. Je suis dans une loop infini que j’ai programmé moi-même.

La veille de mon départ j’ouvre la radio avant de me coucher et j’entends dès l’ouverture qu’un avion a eu le pare-brise endommagé par la grêle. C’est le fun. Ajoutez à cela mon humeur massacrante. Pas de raison vraiment mais je suis de mauvaise humeur bon! Les deux filles de Westjet qui ont pris mon billet en charge sans me porter aucunement attention n’aide pas mon humeur. Trop occupées à jaser de je ne sais quoi, elles faisaient mon checkin machinalement. « Heho je suis là! Je m’en vais me faire tuer dans un de vos avions. Serait-ce possible de me donner un peu d’attention? Un sourire? Me toucher le bras quelques chose? « Vous allez passer aux douanes à Vancouver ». Ouais si on se rend.

Je commence ma marche funèbre avec un Q400 de Bombardier. Plus c’est petit plus tu entends des bruits suspects, plus tu sens l’accélération qui t’écrase dans ton siège et plus  l’approche finale est chaotique. Le contact au sol est assez smooth par contre.

Pendant quelques instants lors de l’embarquement du trajet Mtl-Toronto je croyais que je n’aurais pas de compagnon de sièges. Yééé. Mais quelques employés de Westjet ont monté à bord à la derniere minute. Le gars cute du groupe c’est retrouvé à mes cotés. Boooo! Habitué de me faire reproché parfois que je monopolise l’attention des serveuses(involontairement) au point où elles ignorent la personnes qui m’accompagne, je me fais servir la même medecine par l’agent de bord envers mon voisin de siège. Les gros sourires, hahaha, hihihi. « Tu veux de l’eau » qu’elle lui demande…Euh pis moi? Moi aussi je vais mourrir et je considère l’eau le meilleur breuvage sur terre. J’aimerais bien en boire comme dernier drink.

Elle lui dit gentiment : « Il y a des bancs de libre derrière »…Euh c’est pcq je suis pogné dans un banc dont les bras sont pleins. Je peux à peine ouvrir  les jambes. Lui il pese 150 livres et en a rien a foutre. Heureusement j’avais prévu le coup pour les 2 autres vols en évitant la première rangée.  Les autres sièges te laissent plus de marge de maneouvre.

Je survis à Mtl-Toronto. 2 sur 14 décollages et atterrissages de fait. Je m’attaque au Boeing vers Vancouver. Évidemment Toronto fait sa frais chier. Elle se permet même un genre de monorail qui va vers un hotel de l’aéroport. Pas moyen de faire prolongé la ligne bleue à Montréal mais l’aéroport de Toronto a un monorail. WTF?

Le Boeing décolle. Moins de cling, clang. Tu sens moins la prise de vitesse et quand l’avion quitte le sol tu as moins l’impression d’être au bout d’un élastique prêt à lâcher. Évidemment il y a un mais….Tu sens tellement rien que parfois j’ai l’impression que l’avion est arrêter et qui dit arrêter, dit dans ma tete : « décrochage ». Je me trouve régulièrement avec cette impression. Chaque fois je me dis qu’on va juste tomber bien droit comme le coyote quand son jetpack manque de gaz.

Pour contrer mes mutiples peurs et scénarios catastrophes, je me retourne silencieusement vers les femmes. Les agents de bord qui ont le focus sur leurs tâches. Je les regarde aller et je me dis qu’après chaque quart de travail elle rentrent à la maison. Pourquoi elles mourreraient dans cette avion précis avec moi? Elles font cela tous les jours. Elles en ont rien à faire des bruits suspects, du manque de sensation de vol. Elles sont plutôt occupé à préparer les serviettes bouillantes pour te laver les mains. De les voir aller me rassure et je me dit que finalement il y a des chances que je ne meurt pas dans ce vol.

Le processus d’atterrissage à Vancouver commence. Ça finit plus de finir. On dirais que la turbulence est concentrée en basse altitude. Les agents de bord sont attaché à leur banc et jasent de tout et de rien. Dans ma technique de « on évite d’entendre les bruits suspects », j’écoute toujours de la musique pour me calmer et je ferme les yeux. Fermer les yeux n’a pas vraiment de logique mais ça marche. Le Boieng touche le sol. Beding! bebang! Le Boeing est pas mal moins smooth que le Q400. Entendre ce bruit violent fait que j’ouvre les yeux instantanément et mon regard croise celui de l’hôtesse assis sur son fauteuil de fortune. Elle me souris comme si elle me disait « On va rentrer à la maison ». Ou peut-être que ces ma face de panique qui lui faisait dire « espèce de moumoune » peu importe ça m’a aider à passer l’interminable freinage. 4 sur 14.

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