Le colon qui fait le colon comme Colomb

Photo Jason Coleman flickr

Je considère mon parcours atypique. Il n’est sûrement pas unique mais je ne connais personne qui a le même  profil de voyageur que moi. Il n’a rien de sexy car je n’ai jamais été en Europe, Afrique, Asie ou en Australie. J’ai l’air d’un pseudo grand voyageur mais normalement les voyageurs ont des pays européens sur leur carte du monde personelle. Moi je suis presque un imposteur et cette imposture j’en suis fier. La même fierté de n’importe qui car on s’entend que dès que tu voyages peu importe où, nous sommes fier de le dire, d’exposer, d’écrire et de mettre un drapeau sur notre carte du monde.

Je suis full Amérique et rien indique que je ne le resterais pas. Plus je suis Amérique, plus je suis fière. Plus j’évite les « ressort », la Floride et la Répliblique Dominicaine, plus ma fierté intérieur s’amplifie. Plus mes pieds restent sur mon continent et que je le parcours au niveau terrestre, plus je me sens comme un explorateur. Je regarde la carte de l’Amérique et je me dis voilà mon terrain de jeu. J’ai commencer avec des provinces, puis des pays et depuis 5 ans je m’acharne sur des états américains.

Il est 21h. Je suis dans le fuseau horaire Hawaii–Aleutian. Ma présence vient de mettre mon drapeau sur un autre état Américain. Fierté level is up. Mon corps lui est en mode Montréal et il est donc 3h le lendemain pour lui. Ce qui veux dire que j’ai voyagé dans le temps. Bah je ne sais plus trop. C’est mélangeant les voyages dans le temps. Bran qui est responsable de la condition de Hodor, John Connor qui est responsable de la rencontre de sa mère et de son géniteur, le cave de liberté 55 qui dit a son soi plus jeune qu’on va prendre tous notre retraite à 55 ans. Tout cela est de la science fiction difficile à suivre. Particulièrement le truc de liberté 55.

Je suis sur l’Île de Oahu dans le quartier Waikiki à Honolulu. Il fait noir et donc on oublis la vu de paysages. Mon shuttle me dépose à mon hôtel réservé par moi-même avec Expédia. Un peu obsédé par le prix, je n’ai pas porté attention au terme « Studio ». Je ne le sais pas encore mais je me suis reservé un genre d’appartement alors que je m’attendais à une chambre d’hotel classique.

J’accède à ma chambre, pas de fraicheur. Aussi humide que dehors. Ils ont probablement pas parti la climatisation. Ce détail se fait rapidement tasser par l’absence de lit dans la chambre. Il y a juste un divan. Pas vrai que je vais coucher sur un divan. J’entre plus profondement dans la chambre. Il y a un comptoir de cuisine et des armoires. J’en ai quoi a crisser moi d’un comptoir de cuisine? Climatisation? Il en a pas. Je ne savais pas cela possible. À coté du divan il y a un espace libre et un cadre sur le mur. De plus, je remarque qu’il y quelque chose qui ressemble à une poigné. Je commence a suspecter que le lit est dans le mur mais la présence du cadre me fait douter.

Ce serait con de mettre un cadre sur un mur qui techniquement serait le dessous du lit. De plus, ça sert à quoi d’avoir un lit dans le mur et de le lever? La chambre est en masse grande. Ça ferait juste faire paniquer le client. Ayant rien à perdre car ma déception est au maximum je tire quand même sur la poigné. Ha ben criss, c’est vraiment un lit. Pas le lit du siècle mais c’est un lit. Ouf j’ai un lit. Opération on fait paniquer le client du Imperial réussis.  Je ne pourrais pas profiter du « magnique » cadre. Résurrection du moment de panique. J’ai un lit mais pas oreiller. Tabarnac! J’ai pas le goût de niaiser au desk. Je jette un oeil dans le garde robe.  Les oreillers sont là. Bon mettons un terme aux moments de panique. Je m’assois sur le divan, me fait à l’idée que je n’aurais pas de climatisation durant les 3 premiers jours et décompresse de la dizaines d’heures que je viens de passer dans les airs.

J’eternue 2-3 trois fois. Je repère la fan du plafond qui ne sert à rien. On avait cela,chez mes parents. Est-ce vraiment utile ses affaires là? On déplace plus d’air en pêtant que ces trucs à la rotation maximum. Ok la ferme. Tu y es Eltobito. Hawaï. 6h de décallage. Loin mais encore aux USA. Pourtant il y a quelque chose qui cloche. Une petite information que j’ai vu passer, spéculer, discuter sans vraiment en réaliser la conséquence.

Je viens de me trahir. Je viens de changer de continent sans le savoir maudit épais. Tout cette fierté sur ma présence constante sur le continent américain, sur mon terrain de jeux, sur ma spécifité de voyageur vierge des Europes, de l’Asie et de l’Afrique vient de s’écrouler. Je m’attendais à un reforcement de ma fierté mais j’en prend plein la gueule à la place. Je viens de faire un Christophe Colomb de moi même. Lui a découvert l’Amerique par accident, moi je découvre l’Océanie sans avertissement, drette de même. Hawai ne fait pas parti de l’Amérique. Dam you Wikipédia!

Advertisements

Une réflexion sur “Le colon qui fait le colon comme Colomb

Les commentaires sont fermés.