L’horloge atomique

On m’a déjà fais remarqué que je suis du style métronome. Jamais trop content, jamais trop triste. Difficile à saisir. Ai-je aimé ou pas? Je le vois parfois dans le regard de mon chum Brian qui essai de savoir si j’ai aimé le concert. Comme un  « Mmmm il dit oui mais il n’agit pas comme un oui ».  Quand j’applaudis ça ne fait pas de bruit. L’impact marque un but et je suis le moins entousiaste du stade. L’arbitre fais un mauvais call et je suis le moins offusqué de la plèbe. Je m’emporte parfois mais c’est sans rage. Dans l’émission « Comedians in car getting coffee » saison 1 , Jay Leno et Jerry Seinfeld expliquent très bien ce que j’essaie d’illustrer sur le côté « fâché » des comiques. Je ne suis pas un comique mais quand je les ais entendu parler de cela j’ai crié avec enthousiste « exactement »…mais il n’y avais pas de témoins. Je n’ai pas encore décidé si cemétronome   fait de moi quelqu’un de plate ou quelqu’un de rassurant. Peut-être « rassurément » plate. 

Une nuit avec les sinus bloqués n’est pas ce qui est le plus plaisant. La combinaisons yeux, nez, bouche  « tout fucker » frappe puissamment.  L’énergie n’est pas vraiment là. Bizarrement je suis super décidé d’aller à Pearl Harbor. J’ai comme l’impression que si je ne fais pas cette visite maintenant ça risque de tomber dans une crac. J’ai un bon palmarès de se côté. Je prépare mes trucs et je vais déjeuner au restos à 50 pas de mon hôtel. Il n’y a pas de file ce matin.

Je me retrouve avec un serveur qui a vu passer plusieurs saison de Dr.No. Comme tous les employés que je croise, il porte une chemise hawaiienne. Mmmm je demande si c’est pas juste une affaire pour les touristes cette histoire de chemise. La fille qui va voir un show de Celine Dion avec ses chums ou le gars qui va à l’épicerie chaque semaines portent t’ils une chemise hawaïenne? C’est à enquêter.

Le vétéran de la restauration trouve le moyen de me servir sans aucun contact visuelle. Il a pris ma commande sans me regarder, amené mon eau sans me regarder, garocher mon assiette  sans me regarder, valider que tout était  OK sans me regarder et me donner la facture sans me regarder. Bon, je ne vais pas déranger  mon métronome pour ça. Je vais donc payer à la caisse sans le regarder. 

Je présente ma carte de crédit à un autre commis. Il la regarde et il remarque la puce de la carte ce qui lui indique que je ne suis pas américain. « Ha je croyais que t’en allais travailler ».  Enfin un contact humain. 

Visiblement mon accoutrement ne cadre pas avec la tendance  des visiteurs du quartier. En fait, il a raison un peu. Quand je vais travailler je suis habillé avec exactement les mêmes vêtements. Je suis à l’opposé des vacanciers qui sont ici. Pas de camisole qui laisse dépasser le poil de dessous de bras, pas de lunettes fumée, pas de flip flop. Cette histoire de gars qui à l’air de travailler viens de faire évoluer  mon métronome en une horloge atomique. 

Je vais attendre le bus. Il y en a deux que je peux prendre. Un peu comme la mauvaise planification de 17h des bus de l’arrêt de l’ONF. Les deux passent en même temps et pas souvent. Le premier arrive. Il est remplis. Ma grippe/rhume/sinusite bat son plein et me retrouver dans un bus paqueté et debout pendant une long trajet est à éviter. Je le laisse passer en espérant que le prochain sera moins pire. Bonne décision. Je monte. 

Les premiers KM sont familers. Le centre-d’achat visité la veille est passé. Je sors de la section propre, rincé et javellisé de Waikiki. Le gazon aussi lisse qu’un tapis de billard est disparu pour faire place aux abris de fortune. Des tentes sont installées sur le trottoir. Je commence à trouver mon rhume de plus en plus puissant. Chaque fois que je tousse je me trouve ridicule. Les gens doivent penser « Check le cave avec son toussage ». 

Je commence à douter que je suis dans le bon bus. Le couple avec moi aussi. Eux ils visent l’aéroport.  Je consulte mon Google map. Tous semble correcte. Probablement mon état physique qui rend le trajet plus long dans ma tête.

J’arrive à Pearl Arbor. Il y a 3 trucs à voir. Je choisis le bateau de guerre et le sous-marin. Fuck le memorial. Dès l’achat je regrette d’en avoir choisis deux. Suis pas sûr d’avoir l’énergie nécessaire. Je commence par le sous-marin. « Vous voulez des écouteurs?  » Non ça  me tente pas trop de gosser. Je veux pas m’éterniser. « Tu veux un plan? Il y a rien à lire dans le submersible  »  Han? Euh non, non c’est beau. Trop de questions pour moi ce matin. Je fais quelques pas et je me ravise. Avec ma voix de gars qui à le nez bloqué je lui dit : « Ouais je bais le brendre ton blan. » Son argument qui disait qu’il y a rien à lire m’a convaincu. Il me faut bien un peu d’info. 

J’entre dans le sous-marin. C’est tout pogné là-dedans. Les portes entre les sections sont petites. Un Paré aurait dormi les jambes plier là-dedans. Tu te lève en sursaut et tu te pètes la tête sur le lit d’en haut. La salle à dîner est plus petite que le walk-in de mes parents. Ce n’est pas pour les claustrophobes. 

Je prends le peu d’énergie qui me reste et je vais visiter le Battleship. C’est haut. Faut tu vraiment je monte en haut de cela? Je decide de ne pas choker immédiatement. Je visite le pont. Pont où un kamikaze japonnais à fait crasher son avion sans succes car je marche dessus. Parait qu’il y a encore des marques. Je n’ai rien vu mais faut pas trop m’en demander. J’entre dans une pièce qui dit « Refermez la porte, climatisation en fonction. » Oh que oui de la clim. J’en veux. J’entre. Il y a des sofas pour écouter une vidéo sur l’histoire du bateau qui a fait la guerre de Corée, la guerre du Golfe et la 2eme guerre mondiale. Je m’arrête là pour tousser, me moucher un peu et écouter le vidéo.

Dans le bateau, la salle à manger est spacieuse. La chambre du capitaine a un grand lit…..à deux places??? Bon passons. Tu peux  prendre l’air sur le pont. Tu profites de la mer.  Veux-tu bien me dire pourquoi j’irais m’engager sur un sous-marin?

La petite pause m’a revigoré et je décide de monter jusqu’au niveau le plus haut du vaisseau. Comme pour les torpilles du sous-marin, la grosseur des canons est impressionnantes.  Cela ne doit pas être super précis quand tu tires mais ça doit être à la limite de renverser le bateau. Tsé le retour de mouvement du tir. Non? Je dis sûrement n’importe quoi. Le métronome qui marche encore. 

Ma visite est terminé. Le retour d’énergie est disparue et je me prend un shuttle bus pour le retour. Fuck le bus de ville. Je dois attendre 1 heure. J’en ai profiter pour morvé durant toute  l’heure. 

Advertisements