Conversation 101

Je ne sais pas si c’est juste moi mais il y a une façon de faire la conversation avec des gens que tu connais peu ou pas beaucoup. Premièrement, si tu as rien à dire tu dis rien. Bon moyen d’éviter de dire des niaiseries. Deuxièmement, tu restes pertinent dans le contexte du moment présent. Troisièmement, tu enlèves des couches tranquillement en restant en surface. On est en apprentissage. Par exemple :

– Hé tu fais quoi dans la vie?
– Je suis Analyste d’affaire
– Ha ouin, ça gagne combien un analyste d’affaire?

Selon moi la deuxième question est arrivée trop vite et impertinente. Tu es capable d’avoir une idée en recoupant d’autres informations de surface si tu veux vraiment le savoir.

Je me suis rendu en bus dans le village de Kihei. Du bus je perçois un monument de baleine. C’est la seule info que j’avais retenue quand la dame m’avait expliqué ce qu’il y avait dans le coin. J’ai vu la baleine, j’ai sorti du bus. Le monument, plutôt ordinaire, est à l’entré d’un parc. Je suis encore troublé par le fait que l’artisan ait mis du détail sur l’anus de la baleine. Ok pour le trou d’en haut car c’est comme la marque de commerce des baleines mais le trou d’en bas? Je l’ai peut-être regardé à l’envers. Anyway. Je me promène dans le Kalama Beach Park presque désert. Il n’y a pas de plage à part une petite partie au bout du parc. Il y a un sentier pavé qui longe l’océan protégé par un mur de rocher. Je crois avoir vu des tortues à 2 reprises.

Je profite du vent et du silence. En fait tout est silencieux ici. Mon complexe résidentiel est silencieux, le parc est silencieux et moi en bon conformiste je suis silencieux. J’ai repéré un bar qui fait face au parc. Pas trop merdique, pas trop désert, pas trop rien. Le genre de place que j’aime.

Je m’installe au bar. Depuis que je suis à Hawaï, je bois de la Coors light et de la Bud lite car j’ai toujours soif et de la bière qui goutte de l’eau c’est plus efficace contre la soif que quelque chose de super riche et « bourratif au gout ». Ce qui est bizarre c’est que la Coors goute beaucoup plus les céréales que celle produite au QC. Je me laisse parfois séduire par la Long Board une bière brassée dans cet état.

Il y a deux travailleurs de la construction à ma gauche et 4 chaises libres à ma droite. Les travailleurs ont leur grand buck de bière devant eux. J’veux ça moi aussi! Si j’avais engagé la conversation avec eux je n’aurais pas commencé par leur demander s’ils étaient amateur de vin. Je ne leurs auraient pas demandé car les règles du contexte, de rester en surface et d’avoir de quoi à dire ne se qualifiaient pas. Je ne bois pas de vin (rien à dire), eux viennent de finir leur shift et relaxe (rester en surface) avec un buck de bière à la main (contexte).

Un groupe de quatre filles arrivent et s’installent à ma droite. Facile de voir qu’elles ne sont pas de la place. Celle qui m’a demandé la disponibilité des chaises est assise juste à coté de moi. La barmaid lui demande ses cartes. Elle lui présente son permis de conduire pour valider son âge. C’est un permis du Québec. C’est une fille du West Island qui habite le Mile End. Ce qui explique pourquoi je n’avais pas détecté d’accent. Quand tu présentes ton permis à un non francophone, ils ne comprennent rien à ce qui est écrit et en plus il faut déduire la date de naissance avec le code du permis.

Une autre loi de la conversion 101. Si tu détiens une information pertinente qui risque d’influencer la relation, dis le! Par soucis d’équité d’information, je l’avise que je suis du Québec aussi. L’an passé je me suis fais niaiser par ma sœur durant une compétition de stake. « Tu fais ta Pierrette » qu’elle m’avait dit. J’avais dit à une dame derrière nous qui parlait de Morgan que Kim était sa mère. Je ne l’avais pas fait par vantardise mais plutôt par soucis d’équité. Éviter des malaises. Un genre de « I can hear you »

La fille du Mile-end et moi commençons à se parler bilingue. Elle me pose des questions étranges telles que « Aimes-tu ce que tu fais?». Euh en 2 questions tu es tombé dans la philosophie. La règle de rester en surface est brisée. Vas y par couche. Un peu surpris j’ai du répondre « brrr grgr brrere » en anglais.

Elle poursuit dans la bizarrerie en me demandant à qu’elle cégep je suis allé. Je lui donnais dans la jeune vingtaine et donc sa question avait du sens quoique demander à un quarantenaire son cégep est quand même étrange mais sa passe. Je lui réponds. Je la relance en demandant dans quel cégep elle va. Un peu frustrée elle me dit « Je ne vais pas au cégep j’ai plus de trente ans ». Pourquoi tu me parles de cégep??? Règle du rien à dire brisée. J’ai 45, tu as 30 quelques année et tu me parle de cégep? Règle du contexte brisé.

Son amie du moment, une britannique, était pas mal plus cohérente dans ses conversations. Le trois règles de la conversation 101 étaient respectées et donc la conversation était fluide. Découragée du Oui au Brexit, elle pense déménager en Europe. Tu viendras au Canada rejoindre les Américains qui vont fuir Trump.

La weird avec ses histoire de cégep avait disparue après avoir serré les cordons du bikini d’une des filles du groupe…J’ai pas regardé. Avoir fait un commentaire sur la scène j’aurais enfreins la règle du « Quand tu as rien à dire dit rien » et j’aurais eu l’air mononcle.

Cerveau : Oui mais ta règle du « The joke must go on » tu en fait quoi?
Eltobito : Trop vite
Cerveau : Tu as parlé à combien de personne depuis ton départ
Eltobito : A part les 2 filles…zéro
Cerveau : Ça ne te tente pas de mettre en œuvre les règles du bonhommage? Tu aurais jasé aux filles, aux gars à ta gauche, à la barmaid, au proprio, au cook et surement aux boys sur le party là-bas. Et ce en 2 heures.
Eltobito : Le Bonhommage est un art que je ne maitrise pas et le master du bonhommage est loin!

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