Les gars chauds

Credit : Quinn Dombrowski - Flickr

Il y a différentes sortes de gars chaud. Parmi ces personnes, on peut en faire des regroupements liés d’après nos expériences de gars chauds. Pour ma part il y a les radoteux, les admirateurs, les paranoïaques et les placoteux. Avec les années tu finis par avoir tes techniques pour gérer ce genre de gars chaud. Tu diriges le radoteux vers un autre sujet, tu ramènes sur terre l’admirateur avec de l’humilité, tu t’inventes une envie de pisser pour larguer le placoteux. Pour le parano, je fuis. Je n’ai pas encore trouvé comment réagir efficacement avec. L’an passé, le gars parano, qui était une fille en fait, s’imaginait qui nous étions en train de tricher aux cartes. On s’entend qu’on jouer au trou de cul. On est loin du « in betwen » où nombre de gamblers amateurs se sont ruiné. Comme je ne la connaissais pas, je faisais juste fermer ma gueule et j’étais prêt à fuir dès la fin de la partie de carte.

Lors de mon séjour sur l’ile de Maui, j’ai rencontré 2 types de gars chaud. J’aurais bien aimé être classé parmi un groupes de saoulons à Hawaï mais non. Je n’ai pas trouvé de moyen de me saouler. Je crois que j’ai un problème. Je vais aller consulter. Les wannabe alcooliques anonyme ça existe?

La radoteuse

La veille je suis allé vers Kihei. Je me prépare maintenant a prendre le bus en direction opposé. Je m’en vais à Lahaina. Si mon escapade à Kihei fut assez anonyme, j’ai découvert que c’est à Lahaina que les touristes convergent. Il y a un port qui fourmille de bateaux touristiques, des restos, des bars, des boutiques et des surfeurs. Pour me rendre là le trajet ce fait en prenant 2 bus. La première partie prend moins de 10 minutes et la deuxième 30 minutes. Je suis en attente de mon deuxième bus. Le chauffeur du premier bus m’avise qu’il y a du retard selon la géolocalisation. Une dame assez magané de la vie arrive et demande ce qui se passe avec l’autre bus. Visiblement elle est en état d’ébriété. Le chauffeur lui explique puis elle disparait je ne sais où. Le chauffeur m’informe que dans 10 minutes mon bus va arrivé.

Je suis au port de Maalaea. Petite agglomération de 300 âmes. Le bus arrive. Nous sommes 3-4 personnes qui montons à bord. J’avais déjà oublié la présence de la femme en boisson que j’avais croisé quelques minutes auparavant. Le bus démarre mais après à peine 50 mètres la dame apparait et réclame l’arrêt du bus. À contre-coeur, le chauffeur lui permet de monter. Elle titube dans l’allée. Je redoute qu’elle décide de s’assoir à coté de moi. Je n’ai pas le gout de me retrouver avec une radoteuse au coté de moi pour le trajet. Heureusement j’occupe le banc de l’allée ce qui n’est pas très invitant pour occupé la place à coté de la fenêtre. Tu dois faire déplacé l’occupant. Le bus est en mouvement. La dame perd l’équilibre et tombe sur le banc opposé au mien. C’est donc un jeune dans la vingtaine qui se retrouve voisin de banc.

La route présente plusieurs paysage intéressant autant coté océan que coté montagnes. La dame entretient une conversation avec elle-même. J’évite le contact visuel de peur qu’elle me raboter des choses de gars chaud.

Après quelques minutes, je ne l’entends plus parler. Je me tourne vers elle. Elle est endormis et dors sur l’épaule de son voisin de banc. Elle se réveille parfois mais retombe endormis immédiatement. J’ai pitié du gars et je l’admire. En aucun cas il a perdu patience. Il ne l’a jamais repoussé bien que parfois elle était carrément accotée dessus. J’avais hâte d’arriver pour qu’il soit libéré. Il est resté de glace. A la sortie du bus j’ai essayé de faire un contact visuel avec lui. Je voulais lui dire « You are good man! ». Nouvelle façon de dealer avec les gars chaud. Rester de glace

Le parano

L’endroit où j’habite à l’avantage d’avoir des BBQ. Il y en a six d’aligné face à l’océan chez moi. Ça doit faire 10 ans que je n’ai pas fait de BBQ mais là en faire face à l’océan Pacifique c’est un « no brainer ». J’ai utilisé les BBQ 2 fois. Dans les deux cas mon repas n’ont pas été très élaboré car je n’ai pas eu le temps de passer à l’épicerie. Par chance, j’ai trouvé au ABC Store des boulettes pour le premier BBQ et des saucisses pour le lendemain. Ma première expérience c’est soldé par la palette qui s’est brisé dans les mains. Je pouvais difficilement avoir l’air moins amateur.

C’est un des deux gars qui étaient déjà là à ce faire un festin qui a parti mon BBQ. Il m’a pris en pitié en me voyant lire attentivement les instructions d’allumage. Le gars à tourné les 2 roulettes et peser sur le piton. Me semble que dans mon temps on mettait une allumette dans le trou en dessous et on priait pour nos sourcils. « Ha aussi simple que ca!! » que je lui dit un peu gêné. J’observe le 2 gars et ils ont aussi des assiettes pour mettre le fruit de leur préparation dedans. L’amateur en moi a oublié une assiette. Comme un enfant à ses parents je dis aux gars que je quitte chercher une assiette. Avec un ti-rire nerveux.

Faire de la bouffe à partir de zéro, tout seul, pour 2 occasions maximum, résulte en une surabondance de tout. Pot de moutarde trop gros, trop de pains, trop de viandes, trop de fromage, trop de toute…J’ai même acheter trop de bière c.-à-d. un six pack.

Lors du premier BBQ les témoins de mon amateurisme étaient bien sympathiques. Un gars de Chicago et un autre de Boston je crois. Le gars de Boston trouvait donc bizarre que lors d’une visite aux Expos de voir l’affichage en français et que les mesures étaient en métrique. C’est vraiment wild le QC.

Lors de ma deuxième séance de BBQ j’étais plus expérimenté. Je n’avais pas oublié d’assiette, je n’ai pas hésité pour partir le BBQ et ma petite bière en canette était bien froide. Il y a un gars chaud qui se prépare un repas aussi rudimentaire que le mien. Il engage la conversation.

– Tu travailles ici?
– Non. Tu sais que tu es la deuxième personne qui me dit cela
– Voyons, tu es en chemise avec des chaussures et des bas. Tu travailles ici.
– Du tout. Je viens de Montréal.
– Tu es tout seul?
– Oui…
– Voyons donc. À Hawaï tout seul. Ça ne marche pas

Pour le gars ma présence ne faisait pas de sens. Je ne cadrais aucunement dans l’idée qu’il se fait d’un voyage à Hawaï. Lui c’est sa sixième visite, il loue toujours ici , il vient avec sa femme et ses 4 filles et LUI y connait l’ile. Je me fais fourrer au ABC Store, remet en question mon choix de repas, je dois aller visité tel truc etc, etc, etc. Il y a toujours dans son ton une suspicion fatigante concernant ma présence à Hawaï. C’est quoi l’affaire? Tu penses que je feint mon accent? Je suis un espion Russe? C’est toi le louche. Tu as un famille de 4 enfants et tu cuisine UN hamburger. Je suis face à un gars chaud parano. La seule technique que je connais pour me débarrasser de lui est la fuite.

Paradoxalement, la fuite dans ma situation actuelle est d’attendre que ça maudite bouffe sois terminée et qu’il aille rejoindre sa famille. J’ai l’intention de manger dehors face à l’océan mais comme je ne veux pas qu’il mange avec moi je dois attendre qu’il parte. J’ai fais cuire mes hotdogs comme jamais. Le gars poursuit avec ses conseils dont je me fout éperdument. Je le vois sortir une tranche de fromage. Excellent, la fin approche. Il va décrisser. Il met la tranche de fromage sur sa boulette et quelques secondes après retire sa nourriture de la grille. Yes il part!

Non! Fausse alerte. Il décide de terminer sa bière. J’utilise la technique du « nice to meet you » prématuré. Ça marche. Il décalisse en hésitant. Je récupère mes saucisses trop cuites, mes pains hamburger restant de la veille et prépare mes hamburdog. Je suis installé devant l’océan. Il fait noir et donc je ne vois rien. Je l’entends par contre.

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