#Waikiki #Honolulu #Earthquake

C’est ma dernière nuit dans les iles. Demain m’attends une journée d’itinérance et de banc de parc avec mon baluchon. Ça fait deux décennies que mes chums de Val-d’Or me niaise avec ça sans raison. Mais là je serais vraiment sans abris. Je dois quitter ma chambre à 11h et mon vol est à 22h. Dire que je viens à peine d’avoir mon premier « hang loose ».

Je suis au 14eme étage de l’hôtel et ma chambre est juste au coin de ce rectangle géant. J’ai donc 2 murs qui donnent sur l’extérieur. Ces deux murs sont vitrés mais les longs rideaux couvrent tout. Heureusement car j’ai comme l’impression d’être sur le bord d’un précipice. Je sens le vide près de moi deux fois plutôt qu’une. Pas au point de paniquer mais il faut pas trop y penser et les rideaux font bien leur job.

Je suis dans mon lit. Mon cerveau est à demi réveillé. Je vivote entre la réalité et le rêve. Ce moment où tu rêves et que tu es conscient de le faire. Tu as l’impression d’avoir un control de l’histoire si ça dérape. Je suis sur le bord de partir avec Morphée quand je sens l’hôtel bouger. Une bonne secousse qui me sort de mon semi sommeil. Dégage marchand de sable, l’hôtel à bouger. Assis raide comme une barre dans le lit je les yeux aussi rond qu’un chat qui te vois avec un sac de minouches.

J’ai rêvé ou ça a vraiment brassé? J’entends des cris dans le corridor. Je me lève et jette un œil dehors. Si la terre tremble c’est sur que c’est ma chambre qui tombe en premier. Je ne sens plus de secousse mais les bruits dans le corridor m’incitent à ne pas évacuer l’option « Ça a brassé pour vrai ». J’ouvre la porte de la chambre pour comprendre l’origine des cris. Il y a juste 2 asiatiques 5-6 chambres plus loin. Elles me voient. « Ha excusez. Nous sommes désolée ». Désolée de quoi ? Il se passe de quoi là. Je suis tout perdu.

Je ferme la porte et je vais voir sur Twitter. Il y avait eu un léger tremblement de terre il y a quelques années à Montréal. J’étais au bureau et nous étions pas trop sur si c’était la nature ou le passage d’une vanne qui avait fais trembler. Twitter avait donné la réponse assez vite. Tout le monde s’interrogeait en même temps sur le même évènement. Si je n’ai pas halluciné #Waikiki #Honolulu #Earthquake vont me le dire. Je m’exécute…Rien. Juste de vieux message qui date de 2013.

Je continu quand même à tourner en rond dans ma chambre. On oublis le sommeil pour quelques demi-heure. Suis comme un peu nerveux. La sensation de falaise est soudainement pas mal plus présente même si Twitter me dit que je suis le seul cave de Oahu à penser que la terre a tremblé. Ce n’est pas moi! C’est la faute des caves qui ont fait du bruit en même temps que mon rêve!

Le lendemain ma chambre était toujours bien en place au 14eme prête à me sacrer dehors pour 11h. Pour la dernière fois je fais mon rituel implanté il y a trois jours c-a-d : Je marche 5 minutes pour me rendre à la plage avec mes flipflop dans les pieds, habillé des shorts désigné comme costume de bain au début du voyage, un t-shirt porter la veille et ma clé d’hôtel dans les mains. Ayant personne pour surveillé mes affaires je suis condamné à me baigner en tenant ma clé et à garder un œil sur mes flipflop et mon t-shirt abandonné sur la plage. Vous pouvez ben sacré le camp avec les flipflops.

La baignade terminée, j’emballe mes affaires, store ma valise et pars errer au centre-ville quelques heures. De retour à Waikiki, je m’installe sur une section gazonnée de la plage a coté de la statue du Duke et utilisant un palmier comme dossier de chaise. J’observe la horde de surfeurs sur l’océan. À mes cotés, il y a des gens couché avec leur valise. Visiblement ils sont dans la même situation que moi. 7hpm arrive. Je me rends au point de rendez-vous. Je récupère mes valises et je monte dans la navette qui me mènera à l’aéroport. Incapable de trouver de salle de bain avant de déposer mes bagages en voute, je me retrouve en boxer dans l’aéroport à mettre des vêtements frais pour mes 13, 14,15 et 16eme décollage/atterrissage du voyage.

– Montréal : Vous êtes qui vous?
– Moi : Voyons tu ne me reconnais pas? Suis Eltobito de la muerte
– Montréal : Isssssh! Y t’ont trempé dans le chocolat ou quoi?
– Moi : Pis toi? Je regardais ça d’en haut. Tu te gaves de crottes de fromage? Il y a du orange partout en ville
– Montréal : Gnagnagnagna
– Moi : C’est ça..ta gueule!

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