L’homme invisible

Quand tu es touriste être un homme invisible c’est presque impossible. Tu dégages du niaiseux sur plusieurs mètres. Il est possible de limiter les dégâts mais inévitablement tu as l’air nono un moment donné. Juste le fait de payer en portant une attention particulière aux billets et aux pièces de monnaies vend la mèche. Ton choix de vêtements est également un indice que tu n’es pas du coin. Dans le métro, le regard nerveux et la sur-analyse des trajets de transports en commun t’expose. Un régulier ne fixe pas la carte du métro. Il lit, dors ou jase avec son voisin. La liste d’exemples est longue.

Selon la destination, tu te dois de minimiser le niveau d’exposition de naïveté touristique. À NY c’est pas un risque. Fixe la ta carte du métro. Par contre au Honduras…Dans certains pays le touriste est une cible de choix pour s’enrichir criminellement ou par malhonnêteté. Apprendre la langue du pays est un moyen d’être moins sujet aux petitess arnaques. Ne pas exposer des objets qui a nos yeux sont banal mais qui ont une grande valeur pour des les habitant du coin permet de te fondre dans la masse. Même éviter le fameux kit t-shirt et short dans des pays chaud peu aider.

Dans mon cas je suis chanceux. J’ai toujours rencontré des gens qui voulaient m’aider ou me connaitre sans vouloir profiter de moi. Il n’y qu’a Cuba où ce fut problématique. Dommage. La Havane est tellement belle mais entré en contact avec les gens ça ne marche pas. Une conversation fini toujours par une demande quelconque. D’aprés mon expérience.

Ici à Prague, il n’y a point besoin de faire l’homme invisible. Je suis habillé en touriste, je ne parle pas la langue et je ne suis pas blond. Inutile d’essayé de passer de me donner des airs de « local ».

Je me dirige vers le bateau rouge Budweiser pour y prendre une bière. Le bateau vert juste à côté semble moins intéressant. Il y a deux passerelles pour arriver sur le pont. Je traverse la première et après une courte inspection visuelle du dit bateau, il me semble moins intéressant. Question de feeling. Je décide donc d’aller sur le bateau vert.

Je passe sur la passerelle et prend l’escalier qui mène à la terrasse recouverte d’une toile verte. Il y a trois clients assis a une table. Je me dirige au bar. La serveuse est dans la mi-vingtaine. Son collègue semble plutot dans la trentaine. Pas très grand, il est installé dernière le bar également. Je me dirige vers la blonde serveuse.

– Do you speak english?
– A little bit!

Elle présente son pouce et son index en laissant paraître un petit espace entre les deux et un sourire gêné. Plus de doute sur mon statut de touriste pour les 2 employés mais je pense que dès mon entré le débat était clos de toute façon.

– Je vais prendre une bière.
– Laquelle?
– Peu importe
– Il y a la Holba. On a aussi un spécial sur une bière. 13 % d’alcool.
– Je vais prendre la normal

Un bière a 13% me tuerais surement. Il y a 2 chaises chambranlante au bar et le comptoir est beaucoup trop haut. Disons que le confort n’est pas au top. Je décide de d’occuper une table. Il n’y a que des tables à six personne. Comme le bar est vide, je ne me sens pas mal d’en monopolisé une.

Question d’être encore plus touriste, je sors mon Lonely Planet et je lis sur les bases de la langue Tchèque. Pas évident. Aussi bien de compter sur l’anglais de la barmaid. La présence de la toile qui fait office de toit coupe un peu l’expérience de boire une bière sur un bateau.

Des gens arrivent et le bar commence à se remplir. L’autre employé joue à Tétris en cherchant la façon la plus optimale pour placer les gens. Je commence à sentir qu’il est temps de laisser ma table de 6 et de retourner au bar sur mon banc qui branle et mon comptoir trop haut.

Il semble avoir un événement artistique en cours. Un femme géante est arrivé et une fille dépose sur les tables une revue LGBT. C’est maintenant un classique. À chaque voyage, je me retrouve par hasard dans un établissements ou événement de cette communauté obsédé a avoir le plus long acronyme du monde.

Priorisant sa tâche de servir les clients, dès qu’il y une accalmie, moi et Katharina engageons la conversation. Bien que parfois nous avons de la difficulté à nous comprendre, nous jasons de tout et de rien. Potinage, biere Tcheque, voyage, étude, Prague etc. Sa candeur est charmante et il est clair qu’elle à du caractère. « I will kill him » qu’elle me dit parfois sur certaine situation. Parfois elle utilise sa main pour m’indiqué une situation où la personne ne fait que tu blabla. Je découvre que l’humour Tcheque semble compatible avec le notre. C’est peut-etre un peu trop généralisé de dire cela. Disons que l’humour de Katharina est compatible avec le mien. Son collègue Michael parle peu l’anglais mais cela ne l’empeche pas de venir jaser avec nous quand il n’est pas occupé. Kat me sert d’interprête.

Une femme s’installe au bar à coté de moi. Kat sort de derrière son bar et va la serrer dans ses bras. Elles se partagent une bouteille de mousseux. De mon coté je me lâche  lousse sur la Holba. Parfois je vais près de la barrière pour observer la rivière. Désireuse de m’aider dans ma visite de Prague, Kat me fait une liste de resto à visiter.

-Tu es ici seul?
-oui
-Ha oui? Tu veux que je te donne des adresses de bar de striptease également?
-Euh, bah, euh, de quessé?

Cette suggestion candide me déstabilise. Je ne sais pas trop quoi répondre. Comme si il était évident que je me rendrais là. Quand tu ne saisi pas bien un language, tu as tendance parfois a aborder des choses directement car le niveau de language ne te permet pas la subtilité. Par example, dans mon cas, de la langue espagnol je ne connais que le présent. Tu parine pas mal pour tenir une conversation et tu laisses faire la dentelle. Kat est d’une gentillesses et rien ne laisse croire à des arrières pensées financières. Nous ne sommes pas dans le pattern cubain.

Bien que soucieux de l’image que cela pourrais donner de moi, j’ai acquiescé à sa suggestion de liste de bar de stripper me disant « Information is information ». De toute façon ce n’est peut-être pas ce que je pense. Les café de Santiago que j’ai visité par hasard était loin des Second Cup de Montréal. Toute est dans toute.

Sa chum dont c’est l’anniversaire est aux toilettes.

– En passant, je t’ai mis juste des club où il y a des belles filles
– …
– Attention, mon amie travaille dans un. N’y va pas. Elle travaillais dans un autre avant mais comme elle a un gros cul elle n’y ait plus
– ….

Je ne suis pas trop sûr d’avoir compris et je n’ai pas trop insister pour clarifier la chose. Ce mélange de gentilesse, de candeur et d’anglais un peu limité la rend super charmante. Son amie reviens. Subtilement, j’étire le coup et je regarde son derrière…

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