Ma brosse à l’américaine

J’arrive au point de rassemblement pour la tournée des micro-brasseries. Je suis en présence de 3 militaires de New-York mais stationné en Alaska, d’un couple du Kansas et d’un couple « It’s complicated » de Chicago car le gars habite Denver depuis peu. Tout comme un des trois militaires qui lui aussi est à Denver depuis peu.

Il y a aussi un gars de la Floride ainsi qu’un British. La dynamique du groupe semble intéressante. Nous arrivons à la première micro-brasserie. Situé dans un quartier industriel elle est propriété d’anciens journalistes victime de la crise des médias. Nous sommes dans le backstore parmi les cuves. Nous avons 5 bières à goûter. Moi, lent buveur qui privilégie l’endurance plutôt que la vitesse je peine à suivre le rythme imposer par le guide. En fait je goûte que quatre bières sur cinq. Je ne peux pas me retrouver chaud dès le premier endroit. Visiblement cela ne semble pas un problème pour les autres gars et filles du groupe. Il se permettent même des extra. Particulièrement la fille du Kansas et les militaires.

Nous quittons pour la deuxième micro-brasserie. Je commence déjà à sentir les effets de mes dégustations. Nous sommes maintenant assis à une table. C’est plus propice à la discussion. J’en apprends plus sur mes amis de la soirée.

Le couple de Chicago ont une relation good cop, bad cop. Le bad cop étant la fille. Fille très sympathique aux répliques assassine. Son ami en subit les foudres avec humour. Le couple du Kansas à visiblement un bon budget de voyage. En ce qui concerne les militaires, ils sont tous en amour fraternel l’un avec l’autre. Les 2 stationné en Alaska ont conduit jusqu’à Denver pour venir voir leur chum ici. Moi qui me trouve hot avec mon petit 1700 milles. J’apprend qu’un des militaires est en fait du New-Jersey.

– New-jersey? Est-ce vous le niaiser souvent?
– Toujours!

Un débat commence sur les cliché New-York – New Jersey. J’ai mis la merde. Gnan, han, han…Suis méchant!

Le gars de la Floride à toujours le même mot en bouche: business. La conversation sur l’embourgeoisement de certains quartiers de Denver est en cours. Le floridien nous lâche un commentaire du genre « Quoi des blancs se sont installé dans le coin ». Euh Monsieur, le militaire de 6’2 ici, avez-vous remarqué que c’est un noir. Je dis cela juste de même. Je crois que je suis le seul qu’y là entendu ou bien les autres ont une poker face super efficace. D’ailleurs je sens que le sujet des relations noir-blanc est délicat. Comme si tout le monde ce regarde en disant « ne mettons pas notre main dans le tordeur ».

Le guide continu à nous faire essayer des bières. Disons qu’on se sacre de plus en plus des infos et du IBU. On boit that’s it.

Nous quittons pour le troisième endroit. Ok là c’est mon genre de place. Ça ressembles un peu aux Foufounes Électriques. Le tour nous à couté 40$ et nous en avons eu pour notre argent. Tout le monde est saoul. Je dis tout le monde mais je ne sais pas l’état du British. Je ne lui ai pas parlé de la soirée. Il a connecté avec le couple du Kansas particulièrement la fille.

Le flot de dégustation est maintenu par le guide. « Ici on a une bière noire ». On s’en fout man! Plus personne ne t’écoute.

Mon statut de marathonien de l’alcool à l’opposé de sprinteur commence à ressortir. Un des militaires commence à en avoir dans le casque. Au point de lancé un « J’ai le goût de fourrer ». Il est remis à l’ordre par les 2 autres. Moi de mon côté je peux maintenant suivre le rythme. Ceci est notre dernière micro-brasserie du tour mais visiblement le groupe va poursuivre.

Organiser une suite à tout cela est compliqué quand tout le monde est chaud. C’est incohérent, personne ne sait où aller et en groupe il est difficile d’avoir un taxi. De toutes façon on ne sait pas où aller. Seul solution possible, la marche. Personne ne connaît le coin mais ce que le groupe ne sait pas, c’est qu’ils ont un atout avec eux. Moi! Je suis le moins paqueté de la gang et j’ai marché le centre-ville 2 fois à date. Être le seul marcheur de Denver paie! I know my shit.

Le couple du Kansas appelle le service de pickup de leur hôtel. Le Ritz. Bien qu’ils voudraient poursuivre la soirée, mon expérience me dit qu’on va les perdre c’est sur. Le gars de la Floride lui termine ça là. Pour ce qui est du British…aucune idée. Pense qu’on là oublié dans la valise. Personne n’a compris comment il a pu disparaître sans que personne ne s’en aperçoive. Probablement qu’il a lancé une boule de fumé à la Batman.

Nous convergeons vers le centre-ville. Cela faisait longtemps que je n’avais pas marché en groupe un peu paqueté. Tu as l’impression de dominer la rue. Tu t’éparpilles, un rien attire ton attention et les gens qui te croisent sont tous tes amis. Les militaires se chamaillent, le couple de Chicago se tire la pipe comme ils le font depuis le début. La fille sort des phrases savoureuses du genre « Les seules fois où tu m’écoutes c’est quand j’enlève mon chandail ». De mon côté, j’essaye subtilement de les diriger dans la bonne direction. Bien qu’il y ait 2 nouveaux habitants de Denver dans le groupe c’est moi qui a l’idée la plus claire de notre trajet. I know my shit.

La gang décide d’aller au Tilted Kilt. J’ai connu l’endroit la veille. La terrasse m’avait séduit. C’est en m’y installant que j’ai réalisé que si je dis à une personne qui connaît l’endroit que je suis allé au resto pour la terrasse c’est comme si je disais que je lisais le Playboy pour les articles. Le kilt est court, la chemise est courte et les seins sont tous sauf court. La fille de Chicago affirme fièrement qu’elle a faillis se faire embaucher mais que les chemises étaient trop petites pour elle. Ouais comme la camisole que tu portes actuellement. Bon me voilà à parler comme elle quand elle niaise son chum.

Disons que ça prenait beaucoup de concentration pour la regarder dans les yeux. La raison pour son non-embauche au Tilted Kilt ne fait pas de sens mais tsé…ça se passe en anglais et je suis chaud. Il y a des mots que tu entends quand tu es chaud qui rendent inaudible le reste de la phrase.

Je prends une dernière bière avec ma gang de jeunot. Nous ne nous sommes pas rendus au Tilted Kilt. Nous nous faisons tous demander nos cartes…Yes! La serveuse remarque que les militaires viennent de New York.

– Moi aussi je suis de New York
– Ah oui quel endroit exactement?

Elle dit une ville dont je ne me rappelle plus le nom.

– Ce n’est pas New-York ça, C’est UPSTATE New-York

Guerre de cloché en vu. Cela a répondu à cette question que j’avais depuis le début. À savoir si les gars étaient de la ville de NY ou de l’état. On me donne un cours sur l’accent new-yorkais. Cours que j’ai oublié instantanément.

Je sème volontairement un malaise en demandant aux 2 de Chicago c’est quoi le statut de leur couple. Suis méchant! Encore une fois la discussion approche du sujet de relation noir-blanc. La fille de Chicago sert un « shut-up » à son chum. On ne touche pas à ce sujet. C’est là qu’on me pose une question que je n’avais jamais entendue avant. Je dis: « I’m half black » et le militaire blanc de me répondre « Ha oui et l’autre moitié c’est quoi? ». Je suis resté bouché quelques secondes pour répondre « heuuuu white? ». L’évidence que j’avais dans ma tête venais d’en prendre un coup!

Je quitte le groupe. Tout en attendant mon shuttle bus qui n’arrivera jamais je réalise que la mission est accomplie. Il ne me manquait que la brosse à mon voyage. Done! Ne reste qu’à faire de classique visite de musé et poursuivre l’exploration de la ville.

Deux jours plus tard j’emmenais la chaleur étouffante de Denver à Montréal et espérons le pas de punaises de lit. J’ai pris mes précautions. I know my shit!

Mode bloggeur : off

Tête en l’air

Je suis en route vers Denver. Je quitte la belle petite ville de Colorado Spring et je retourne vers le nord. Un petit trajet. Un Val-d’Or/Rouyn avec plus de trafic, plus de voies et moins de visibilité. Comme de raison, il fallait bien que dame nature me complique la vie. Il pleut des cordes. On voit rien ou presque et des innocents derrières moi n’ont pas allumé leurs phares. On ne te voit pas man! Je dois m’enligner sur les lignes peintes sur le pavé car je ne vois pas au loin. Les lignes, qui sont de couleurs blanches, ne sont pas vraiment visibles. Vive le jaune…qui est inexistant. Je commence à imaginer comment le voyage aurait été différent si au lieu du soleil on m’aurait servi de la pluie. Que de gaspillages.

L’orage dure environs une vingtaine de minutes et c’est durant la portion où l’autoroute est peu intimidante. Là où elle se donne des airs de 20. Chanceux! J’entre dans Denver. Je dois ramener la voiture pleine d’essence. J’ai fais le plein avant de partir mais je dois lui redonner un coup pour le checkout de la voiture. Je ne m’aventure pas dans le compliqué. Je sais qu’il y a une station d’essence près de mon ancien hôtel de la rue Colfax. Je sais comment me rendre au bureau de location à partir de l’hôtel. Je vais donc me rendre à l’hôtel, faire le plein dans le coin et ensuite aller au bureau de location. Que du connu. Pas de tournage en rond autour du bureau de location du centre-ville pour trouver un Shell.

Mon plan marche à merveille ou presque. La plupart des stations service exigent que tu payes avant de faire le plein. La carte de crédit ne fonctionne pas toujours en raison de l’exigence d’entrer un zip code….J’en ai pas de zip code innocent.

Je fais le plein dans un garage. Je me doute bien que j’en ai pas beaucoup à mettre et je vais donc payer à l’avance un gros 5 dollars. Je commence à faire le plein. J’arrive au bout du 5$ et la pompe n’a pas donné signe de vouloir arrêter. Je retourne en niaiseux payer un autre 5$.

Pas moyen de faire marché la pompe. J’essaye par tous les moyens mais ça ne marche pas. Je demande de l’aide. Le gars me dit que ca devrait être ok là. Niet. Je retourne gosser le gars. Il m’envois un assistant. J’ai vraiment l’air cave. Il ne fait que relevé le truc de métal du bec du boyau. Vraiment l’air cave. Je commence à remplir…clic! C’est plein après 50 cenne. Ça va faire l’humiliation, je n’irais pas demander mon change. Je quitte vers le bureau de location.

Les gars de Enterprise sont toujours aussi joyeux qu’il y a 6 jours. Je leur remets ma voiture en parfait état. J’en profite également pour oublier mon Ipod dans la voiture. Tabarnac! Je vérifie si ma tête est bien en place. Bah j’ai enfin mon excuse pour en acheter un nouveau.

Me voilà à Denver. Plus de stresse de route. Je vais faire mon urbain durant quelques jours avant de retourner à Montréal. Comme je suis de retour dans l’espace publique depuis la veille suite à ma « infamous » performance de karaoké, je décide de poursuivre mon intégration à la société en me bouquant une tournée de micro-brasserie. En parcourant les restos du Colorado j’avais remarqué une constante. Ce n’est pas parce que nous sommes au pays de la Coors que nous sommes limité aux produits Molson-Coors. Au contraire il semble y avoir plein de micro-brasserie au Colorado. La preuve….il y a des beer tour.

Retouner dans l’espace publique

Je suis à bout. J’ai atteint mon quota de route. J’ai vraiment hâte de ramener ma voiture à la compagnie de location. J’avais eu l’idée de « génie » d’aller à Colorado Spring au sud de Denver au lieu de terminer cela à Denver. J’avais comme plan d’explorer les alentours de Denver pour les deux dernières de journée de ma période de location. Mais là c’est non!

Je me stationne à Colorado Spring et le lendemain je retourne à Denver et je vais rendre l’auto une journée à l’avance. Je veux redevenir piéton. Je veux prendre des taxis. Je veux prendre de la bière sans calculer combien j’ai le droit. À date le calcul à été assez simple : une, au rodéo.

Avant tout cela, je dois passer au travers de Denver. Je n’avais pas dit que le trafic de Denver était de la petite bière? Je retire mes paroles. C’est peut-être la fatigue. Je suis sur une autoroute à 5 voies, ça roule à 130, ça te colle dans le derrière. Maman suis tanné!!! Veux arriver. Le pire c’est que pendant cette portion je pète ma bulle de retour à Denver tranquille. Je vais devoir refaire cette portion le lendemain. C’est juste 1h mais bon, suis tanné.

Je suis au dernier de mes post-it de navigation. Sur le post-it il est écrit le numéro de la sortie : 142. Je suis à la 180. Sortez-moi d’ici. Je regarde les sorties s’envoler une par une. C’est long. 157, 156, 155. Chaque numéro de sortie correspond à un mille. J’ai épuisé mes playlists il y a longtemps et je me tape des stations de radio country. Rien pour rendre le temps moins long.

J’arrive finalement à ma sortie. L’hôtel est visible de l’autoroute. Je me retrouve dans un stationnement étrange où tu dois payer ton droit en pliant tes dollars, les insérer dans la crac approprié et les pousser avec un objet quelconque. Je ne suis pas trop convaincu du processus sans compter que ce stationnement est plutôt désert. J’ai soudain une petite frayeur de me séparer de ma voiture et de la laisser dans un stationnement weird et loin de l’hôtel. Nous avons quand même vécue une belle histoire ensemble. Il me reste moins de 24h avec elle, elle est en ordre, je ne veux que cela finisse en queue de poisson.

Je fais mon checkin à l’hôtel et je ne peux oublier que ma voiture est là-bas seule abandonné. Je me ravisse et décide de payer l’extra pour la mettre dans le stationnement de l’hôtel. Le gars du desk a pitié de moi et m’accorde l’accès gratuitement.

Excellent tout est sous contrôle. Me reste un trajet de une heure pour le retour à Denver. Je suis dans le centre-ville de Colorado Spring accessible par la marche, lire il y a une concentration de resto et commerce pas une affaire à la Boulevard Maloney ou Taschereau. Malheureusement il est tard, lire 22 heures et il n’y a pas grand chose d’ouvert à part ce pub irlandais où il semble y avoir de l’action. J’ai faim et soif. Je décide d’y faire un arrêt. On m’amène dans le fond du bar là où le party semble être prit. En fait je suis dans une soirée karaoké.

Je suis assis à regarder tout les gens performer et me dis que je serais aussi poche qu’eux. Les gens sont là en petit groupe. Il n’y a que moi qui suis seul en loser. J’ai fais 1700 milles, j’ai éviter des accidents, j’ai brailler pour rien, je suis en huis clos depuis quelques jours, il est temps de faire quelque chose de grandiose. De retourner dans l’espace publique. Je décide de m’inscrire au karaoké.

Après plusieurs hésitations je décide de choisir « Love me two times » des Doors. J’écris mon nom sur la liste. 3 quatre personnes passent avant moi puis j’entends un « Who is Tobie? »…Lire « C’est qui ce gars pas rapport sur notre liste ». Je lève la main gêné et au même moment une fille que j’assume faire parti du staff me pointe du doigt. Elle me prend en pitié en me faisant un pouce en l’air. Le gars me dit : « You are next »

Je me prépare en lisant les paroles sur le net en attendant. Bien que je sois allé dans le facile, il y a une partie des paroles que je ne reconnais pas trop et ne suis pas sûr de comment cela va sortir. « Tobie, Your turn ». J’avance vers la scène hésitant. Aussi hésitant que les applaudissement des gens présent. Le gars démarre la chanson. Fuck ce n’est pas la bonne. Il a mis « Love Her Madly ». Évidemment je suis le seul à qui cela arrive. Le « DJ » corrige son erreur. Je niaise donc sur le stage le temps qu’il ajuste ses patentes. »Héééééééé euhhhh allo ». Ça semble interminable.

Bon c’est prêt. Je fais une belle session de démolition. Quand j’arrive aux couplets où je ne reconnais pas trop les paroles c’est sûr que les spectateurs ne reconnaissant pas plus la l’air de la chanson. Ca sort tout croche. Mais quand je suis dans les sections que je connais bien, LÀ je me donne à souhait.

Je termine ma pénible performance. Les applaudissements sont encore plus hésitants. La fille du pouce en l’air m’en sert un autre. Je dois vraiment lui faire pitié. Je me dis que ce n’est pas si pire si je me compare au mec qui est allé chanter trois fois et que seul sa blonde applaudissait. Lui aussi a reçu de la pitié. Je retourne à ma place et y reste 15 minutes feignant que les autres m’intéresse. Mon défi du jour improvisé est atteint, je peux rentré à Denver.

Se parler à soi-même

Je commence mon voyage de retour. J’affronte la partie la plus longue pour ce qui est du millage. Je ne sais pas si mes cordes vocales fonctionnent plus de 3 phrases de suite. Je ne parle à personne ou presque depuis mon départ. Je chante un couplet une fois de temps en temps genre durant Nathalie de Jean Leloup. Théoriquement, j’ai un 6h30 de route à faire mais cela sera assurément plus long.

J’ai rencontré mon hôtel le plus miteux du trajet à Riverton. Personne au desk en arrivant. J’ai niaisé là 10 minutes. Une note disais de faire le 0 sur le téléphone s’il y avait personne. Ce que je fis. Rien. Le mec est apparue par hasard un moment donné. Il a réalisé qu’il avait mis la télécommande de la télé au lieu du combiné du téléphone. Duh!

Une boite de carton qui de key drop, possibilité de payer cash et indice suprême du ‘a la bonne franquette », le proposé est le même à 21h qu’a 9h. Tsé quand le routeur wifi est viser sur le mur du corridor dehors, que la poignée de la chaine de toilette est réparé avec du tape et que tu entends le voisin de chambre. On ajoute à cela un bizarre, camouflé dans la noirceur près d’une chambre, qui m’a interpellé pour ensuite se raviser quelques secondes après. Quoi j’ai l’air si asocial que ça? Même pour les bizarres. Va falloir que je commence à côtoyer autre chose que mes amis imaginaires. Je vais vraiment devoir parler à des gens.

Le motel était en « No vacancy ». Du pas cher c’est populaire. Anyway de quoi je me plains. La route pour me rendre là était incroyable.

J’appréhende la longueur de cette dernière portion du voyage. J’ai fais du lavage avant de partir et je suis aller au Wal-Mart pour me procuré des post-it. Le trajet emprunte plusieurs routes et j’ai concocté une méthode pour éviter les erreurs et limiter les arrêts de validation. J’ai un post-it de collé sur la radio et les autres sur le dash. Un changement de route de fait, je remplace le post-it de la radio par le suivant. Je suis un débrouillard 50.

WY continu à faire des siennes et m’oblige à m’arrêter pour le photographie.

– Hé WY
– Hey bro!
– Bro? Whatever. Je te quitte définitivement.
– Tu vas brailler encore?
– Ta gueule. Reste comme tu es man! Pis attention aux puits de pétrole. J’ai vu une usine avec des cheminées du style Rouyn-Noranda aussi. Ne les laissent pas te maganer.
– T’inquiète Bro
– Je t’aime Bro
Moumoune

J’entre dans le Colorado. Ma technique de navigation est impeccable. Habituellement les changements de routes sont assez évidents. Évident que ça change bientôt car il y a des indications JCT mais pas clair sur si c’est la route de l’est, ouest, nord ou sud. Il est bien cute WY mais il n’est pas parfait. On aime faire douter les touriste ou quoi?

Dans le Colorado ma technique de navigation est mise à dure épreuve. Je suis sur le point d’arriver au prochain tournant selon l’odomètre. Il n’y a pas d’affiche JCT. J’ai dépassé le nombre de mille prévus et je ne vois toujours pas la route où je dois tourner. Je commence à douter de mes notes. Ca sent le gars qui va devoir revenir sur ses pas une fois de plus.

Je vois la route que je dois emprunter soudainement. Je freine intensément. Route? On dirait une entrée de maison. Je tourne vers elle quand même. Je me retrouve sur un chemin sans pavé. Je me parle à moi même. « What the fuck. C’est quoi cette connerie là. Maudit google de merde. Maudit niaisage » Hey je viens de faire travailler mes cordes vocal 3 phrases en ligne.

En fait depuis la veille je me parle à haute voix. Particulièrement quand j’ai quelqu’un dans le derrière. « Allez dépasse moi. Je suis bien seul sur la route. » Si la personne tarde a me dépasser je ralenti pour l’incité. « Allez tete dure! La voie est libre » Certains sont plutôt lent à faire la manœuvre. « Laissez moi tranquille avec ma musique et mon impression d’être le seul humain ici »

Mon auto est figée à l’entrée de la route de terre. Je réfléchie. Dois-je suivre cette route aveuglément? Je regarde dans le rétroviseur. Une voiture est derrière moi et semble dire « Hey le cave avance ». Bon il y a des gens devant moi qui ont pris ce chemin et visiblement il y en a derrière qui veulent faire la même chose. Let’s go. On verra bien.

Nous sommes 4-5 voitures qui nous suivons. J’ai l’impression de me diriger vers un camping en montagne. Être le seul sur la route je serais revenu sur mes pas il y a longtemps. Je vois au loin que le chemin de terre semble un peu moins chemin de terre. En fait il semble chemin d’asphalte. En fait il semble rond point que….Ah ben crime. Je me retrouve sur la même route secondaire que j’avais emprunté par hasard à mon départ de Denver. C’est la route que j’avais prit pour m’approcher des montagnes rouges que j’avais observé en voyageant sur l’Interstate.

Me voilà sur du terrain connu. Ma boucle de 1700 milles commence à se rejoindre. Plus besoin de post-it, je peux naviguer les yeux fermer jusqu’à Denver et les rouvrir pour la courte portion Denver – Colorado Spring. J’évite le blanchissage sur mon affrontement avec le GPS vs Eltobito sans GPS. « In your face GPS! Eltobito: 1 – GPS: 21 »